Ecouter un album de rock qui cocoriprogue
enregistré live il y a
plus d'un siècle, est-ce
bien raisonnable même si
cet album est sorti au début
de ce siècle. En plus,
s'il s'agit de Ange, n'est-ce
pas un peu risqué ? Sans
doute, et, objecterai-je, d'autant
plus que cet enregistrement a
en fait autant vieilli que Décamps,
l'âme de cet éternel
groupe de prog français
campagnard dont il faut reconnaître
ici la réelle personnalité.
Moi, je ne suis pas indifférent
à l'oeuvre de Décamps
et ses potes alors que pour rester
dans les septuagénaires
je suis allergique à Iggy
Pop et ses Stooges. C'est comme
ça, on ne peut rien y faire.
Les petites histoires d'autres
temps, ça me plaît
assez. De plus, la démesure
du groupe, son chant maniéré
limite ridicule, ses débordements
autant visuels que musicaux, ses
déguisements délirants,
je trouve ça finalement
marrant et donc très rock'n'roll
et sûrement plus que ces
régiments de constipés
trouduculbritpopés qui
ne me font même pas rigoler
et dont on veut nous abreuver
un peu partout et même en
des lieux où je ne vais
jamais.
Bref, Ange, en fait, ce n'est
peut-être pas de ce rock
progressif honni un peu partout
et même dans des endroits
où il m'arrive d'aller,
non, c'est de la variété
française théâtrale
à grosse tendance rock.
Comme je te le dis.
Décamps, sur scène,
il se donne énormément
le gars (Je l'ai vérifié
de visu (voir ICI).
Et avec sûrement beaucoup
de sincérité, souvent
avec aussi une certaine poésie.
Parfois plutôt grotesque,
certes, mais avec une constance
à tout épreuve.
Du coup, Ange gagne plus à
être vu qu'à être
entendu même s'il gagne
moins que Muse qui perd beaucoup
à être vu et entendu.
Mais, être vu, n'est-ce
pas un peu le lot de tous les
groupes de rock ? Certes, te rétorque-je
mais enfin, pas tous. Du coup,
l'aspect visuel manque énormément
ici à l'écoute,
c'est sûr.
Par moments, j'ai peine à
le dire, mais c'est assez quelconque.
D'autres fois, des orchestrations
archaïques, des sons d'un
autre âge et des breaks
très genessiens avarient
un peu les morceaux. Mais, j'aime
assez les interventions à
la guitare électrique,
les instants plutôt mélodieux
et ceux aussi où Décamps
fait montre d'un réel talent
de conteur.
Et
"Hymne à la vie"
est assez grandiose et tient encore
largement la route. Alors, reprenons
en choeur, mon très cher
frère, ces mots magiques
:
:
Je
suis FOU !
Fou d'une autre vie
Qui me brûle les
yeux,
je vais brouter les
cieux !
JE BOIS L'INFINI !!!
|
A
la tienne !