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CHRONiQUES MUSiCALES

AUtRES

Je bois l'infini

Ange
En Concert / Par Les fils
De Mandrin Millésimé 77
(2003)


Ecouter un album de rock qui cocoriprogue enregistré live il y a plus d'un siècle, est-ce bien raisonnable même si cet album est sorti au début de ce siècle. En plus, s'il s'agit de Ange, n'est-ce pas un peu risqué ? Sans doute, et, objecterai-je, d'autant plus que cet enregistrement a en fait autant vieilli que Décamps, l'âme de cet éternel groupe de prog français campagnard dont il faut reconnaître ici la réelle personnalité.

Moi, je ne suis pas indifférent à l'oeuvre de Décamps et ses potes alors que pour rester dans les septuagénaires je suis allergique à Iggy Pop et ses Stooges. C'est comme ça, on ne peut rien y faire.

Les petites histoires d'autres temps, ça me plaît assez. De plus, la démesure du groupe, son chant maniéré limite ridicule, ses débordements autant visuels que musicaux, ses déguisements délirants, je trouve ça finalement marrant et donc très rock'n'roll et sûrement plus que ces régiments de constipés trouduculbritpopés qui ne me font même pas rigoler et dont on veut nous abreuver un peu partout et même en des lieux où je ne vais jamais.

Bref, Ange, en fait, ce n'est peut-être pas de ce rock progressif honni un peu partout et même dans des endroits où il m'arrive d'aller, non, c'est de la variété française théâtrale à grosse tendance rock. Comme je te le dis.

Décamps, sur scène, il se donne énormément le gars (Je l'ai vérifié de visu (voir ICI). Et avec sûrement beaucoup de sincérité, souvent avec aussi une certaine poésie. Parfois plutôt grotesque, certes, mais avec une constance à tout épreuve.

Du coup, Ange gagne plus à être vu qu'à être entendu même s'il gagne moins que Muse qui perd beaucoup à être vu et entendu. Mais, être vu, n'est-ce pas un peu le lot de tous les groupes de rock ? Certes, te rétorque-je mais enfin, pas tous. Du coup, l'aspect visuel manque énormément ici à l'écoute, c'est sûr.

Par moments, j'ai peine à le dire, mais c'est assez quelconque. D'autres fois, des orchestrations archaïques, des sons d'un autre âge et des breaks très genessiens avarient un peu les morceaux. Mais, j'aime assez les interventions à la guitare électrique, les instants plutôt mélodieux et ceux aussi où Décamps fait montre d'un réel talent de conteur.

Et "Hymne à la vie" est assez grandiose et tient encore largement la route. Alors, reprenons en choeur, mon très cher frère, ces mots magiques :

:

Je suis FOU !
Fou d'une autre vie
Qui me brûle les yeux,
je vais brouter les cieux !
JE BOIS L'INFINI !!!

A la tienne !