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Avec des zooms
ébouriffants

The young dragons
John Woo (1974)

 

On réduit souvent l’ineffable John Woo à six ans de carrière, du « Syndicat du crime » à son départ aux Etats-Unis ou plus généralement à des mecs incroyablement cool qui se flinguent à qui mieux mieux. Sans doute a-t-on raison, mais le gars existait auparavant et si tu vis à coup sûr trois ou quatre de ses vieux films lors d’une quelconque rétrospective, le reste a pris la poussière, sans doute dans un hangar des triades.

En 1974, après avoir été assistant réalisateur, notamment de Chang Cheh sur des films que celui-ci coécrivait avec Ni Kuang, Woo (ou plutôt Wu Yu-sheng) sort son premier film, « The young dragons », dans le style de Chang Cheh et coécrit avec Ni Kuang.

Ici Jian, le voyou au grand cœur et au fume-cigarette, intercepte une caisse pleine d’armes de contrebande, et fait chanter d’aucuns pour enrichir son gang. Au même moment, Fan Ming, avide de vengeance, recherche le marchand d’armes. Ces deux hommes s’entraideront (un peu) jusqu’à ce que poigne la tragédie kitschissime qui mènera ce petit monde à se mettre sur la gueule lors de l’affrontement final.

On ne retrouve évidemment pas encore John Woo ici si ce n’est John Woo lui-même dans un petit rôle et éventuellement l’amitié virile entre les deux protagonistes, chacun d’un côté de la loi.

Le reste reprend les codes du genre, sans personnalité, avec des zooms ébouriffants sur les visages, des musiques atroces, des bruitages fantasques et une post synchro aléatoire. On trouve également tout un tas d’acteurs que tu as déjà forcément vus quelque part (Dean Shek, Fung Hak-on, Shing Fui-on, etc.) notamment parce qu’ils ont chacun joué dans 250 films.

PS : « The young dragons » est un des 22 (!!) scénarios de Ni Kuang adaptés cette même année 1974.

Jian se fait prendre la tête.