A
Kaminoe, dans l’arrière-pays
de l’arrière-pays,
tous les enfants portent une
coupe au bol ridicule. Ils sont
coiffés ainsi pour la
simple raison que c’est
comme ça et peut-être
éventuellement pour une
fumeuse légende de yokai
kidnappeur d’enfants.
Cette coupe au bol ridicule
est l’œuvre de Yoshino
dans son salon centenaire où
elle ne fait qu’une seule
coupe de cheveux. Or, vous le
savez, la tradition est importante,
alors il n’est pas question
d’y couper.
Mais bientôt arrive un
des éléments moteurs
de bien des scénarios
coming-of-age : le nouvel élève.
Celui-ci, tokyoïte et cool,
a une coupe de cheveux différente
et est même teint, ce
que lui reprochent immédiatement
les locaux sectaires, parce
que la coutume dit l’inverse.
Pendant
plus d’une heure de film,
tout le monde dit à ce
jeune de se faire boler les
cheveux et pendant une heure
il refuse.
Il
parvient cependant à
se faire accepter de ses camarades
de classe grâce à
la collection de magazines pornographiques
de son père (?!?).
Vecteur
de dissidence, ce jeune cool
inspirera ses amis qui souhaiteront
également devenir cool,
ce qui est évidemment
impossible en étant coiffé
comme un champignon.
Ainsi
ils se rebelleront contre l’ordre
établi à deux
pas du générique
de fin, ce qui est un peu tard.
En somme, et vous l’avez
peut-être compris, «
Yoshino’s barber shop
» est une critique acerbe
de la société
japonaise avec la coupe au bol
comme allégorie de la
coutume et du respect des règles,
du conformisme et de la stabilité
sociale.
PS
: Il s’agit du premier
long métrage de l’ineffable
Naoko Ogigami.
Matez un peu ces coupes au bol
!