Wright
- récemment décédé,
triste évènement
s'il en fut- était le préposé
aux claviers dans l'énorme
Pink Floyd. Et, aborder son album,
c'est le faire avec un rien de
curiosité bien sûr.
Moi, je suis toujours curieux,
je vois un cd solo d'un gars qui
a fait partie d'un groupe que
j'écoute, je l'achète,
surtout s'il y a un gros auto-collant
dessus. Je vois un album d'un
musicien ayant joué avec
Miles Davis, je m'y jette dessus.
C'est comme ça que j'écoute
encore du jazz-rock alors que
j'ai horreur de ça. Mais
c'est le prix à payer pour
avancer sur le long chemin montant,
sablonneux, malaisé et
de tous les côtés
aux daubes exposé qui mène
vers la culture qui est ce qui
reste quand tu as usé la
chaîne hi-fi. Ne desespérons
donc pas de trouver l'album qui
sera l'exception qui confirme
la règle. Peut-être
celui-ci ? Mais n'anticipons pas.
Donc, à l'approche de cet
album de Wright, j'étais
plein d'un préjugé
défavorable. En effet,
nonobstant le fait que Wright
contribua beaucoup au son de certains
albums, s'il fût un grand
tu t'en fusses déjà
rendu compte et pas seulement
à l'imparfait du subjonctif.
Ou alors le David et surtout le
Roger ne faisaient rien qu'à
vouloir le mettre sous l'éteignoir.
Un peu mégalos les mecs.
Ou alors lucides. Je pencherai
plutôt pour la deuxième
raison.
La première écoute
est une bonne surprise. Du moins
les premiers titres. Naturellement
Wright commence son album avec
un instru atmosphérique
comme dans Pink Floyd. Qui l'en
blâmerait ? Personne. Tant
d'années passées
dans un tel groupe, ça
marque son clavier. Après,
il chante, malgré un réel
manque de feeling, un titre intéressant
agrémenté d'un solo
de gratte fluide et aérien.
C'est agréable, un rien
mélancolique. Ensuite,
ça s'éternise un
peu dans les synthés planants
avec une rythmique parfois électro.
Soit quelque chose qui me fait
penser par moments à la
musique de Tangerine Dream. D'autres
fois, ce n'est pas loin de ce
que fait un groupe comme Archive
(à moins que ce soit ce
dernier qui copie Wright). Peu
importe... Bien que prises comme
une suite, ces plages de claviers
amènent vite une certaine
lassitude. Pas de réelle
profondeur et aucune innovation.
C'est même parfois un peu
vide et fade. Même s'il
y a comme chez Pink Floyd quelques
guitaristes qui interviennent
en solistes dans le style gilmourien.
Ils s'appellent Tim Renwick (qu'on
a déjà entendu dans
le Floyd), Dominic Miller et Steve
Bolton. En plus, le chant n'est
pas le poids fort de Rickounet.
Tu avais dû déjà
le remarquer chez le Floyd. Souviens-toi
de "The division bell"
que tu as dû sûrement
écouter. D'ailleurs ce
cd le rappelle parfois. A la fin
de l'album, Sinead O'Connor remplace
Wright au chant. Bon, on n'y gagne
pas vraiment au change car elle
apporte un petit côté
"variétoche"
qui épuise rapidement.
Et sa dernière apparition
est très quelconque.
"Broken China", c'est
bien fait. Agréable par
moments bien qu'ayant quelques
titres vraiment très justes.
Sans réel attrait aussi
et ne tenant pas vraiment le coup
sur la durée malgré
une atmosphère souvent
nostalgique.