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CHRONiQUES MUSiCALES

AUtRES

Son second
en solo

Rick Wright
Broken China (1996)

Wright - récemment décédé, triste évènement s'il en fut- était le préposé aux claviers dans l'énorme Pink Floyd. Et, aborder son album, c'est le faire avec un rien de curiosité bien sûr. Moi, je suis toujours curieux, je vois un cd solo d'un gars qui a fait partie d'un groupe que j'écoute, je l'achète, surtout s'il y a un gros auto-collant dessus. Je vois un album d'un musicien ayant joué avec Miles Davis, je m'y jette dessus. C'est comme ça que j'écoute encore du jazz-rock alors que j'ai horreur de ça. Mais c'est le prix à payer pour avancer sur le long chemin montant, sablonneux, malaisé et de tous les côtés aux daubes exposé qui mène vers la culture qui est ce qui reste quand tu as usé la chaîne hi-fi. Ne desespérons donc pas de trouver l'album qui sera l'exception qui confirme la règle. Peut-être celui-ci ? Mais n'anticipons pas.

Donc, à l'approche de cet album de Wright, j'étais plein d'un préjugé défavorable. En effet, nonobstant le fait que Wright contribua beaucoup au son de certains albums, s'il fût un grand tu t'en fusses déjà rendu compte et pas seulement à l'imparfait du subjonctif. Ou alors le David et surtout le Roger ne faisaient rien qu'à vouloir le mettre sous l'éteignoir. Un peu mégalos les mecs. Ou alors lucides. Je pencherai plutôt pour la deuxième raison.

La première écoute est une bonne surprise. Du moins les premiers titres. Naturellement Wright commence son album avec un instru atmosphérique comme dans Pink Floyd. Qui l'en blâmerait ? Personne. Tant d'années passées dans un tel groupe, ça marque son clavier. Après, il chante, malgré un réel manque de feeling, un titre intéressant agrémenté d'un solo de gratte fluide et aérien. C'est agréable, un rien mélancolique. Ensuite, ça s'éternise un peu dans les synthés planants avec une rythmique parfois électro. Soit quelque chose qui me fait penser par moments à la musique de Tangerine Dream. D'autres fois, ce n'est pas loin de ce que fait un groupe comme Archive (à moins que ce soit ce dernier qui copie Wright). Peu importe... Bien que prises comme une suite, ces plages de claviers amènent vite une certaine lassitude. Pas de réelle profondeur et aucune innovation. C'est même parfois un peu vide et fade. Même s'il y a comme chez Pink Floyd quelques guitaristes qui interviennent en solistes dans le style gilmourien. Ils s'appellent Tim Renwick (qu'on a déjà entendu dans le Floyd), Dominic Miller et Steve Bolton. En plus, le chant n'est pas le poids fort de Rickounet. Tu avais dû déjà le remarquer chez le Floyd. Souviens-toi de "The division bell" que tu as dû sûrement écouter. D'ailleurs ce cd le rappelle parfois. A la fin de l'album, Sinead O'Connor remplace Wright au chant. Bon, on n'y gagne pas vraiment au change car elle apporte un petit côté "variétoche" qui épuise rapidement. Et sa dernière apparition est très quelconque.

"Broken China", c'est bien fait. Agréable par moments bien qu'ayant quelques titres vraiment très justes. Sans réel attrait aussi et ne tenant pas vraiment le coup sur la durée malgré une atmosphère souvent nostalgique.