Randy
Weston
Khepera
(1998)
Weston, pianiste de jazz assez
"classique", muscle
ici sa musique de rythmes africains.
Ca donne à cette dernière
une couleur originale grâce
à un ensemble de percussions
bien venues.
En plus, Weston lorgne un peu
vers la Chine et propose (bien
à part dans l'album),
un titre nommé "The
shang" où, après
une intro jouée au pipa
par un certain Min Xiao Fen,
il intervient avec un piano,
pas loin du free. C'est assez
original et dépaysant.
Dans le reste de l'album, à
par une intro ("Creation",
un rien expérimentale),
Weston propose un jazz peu original
certes mais de qualité
et qui lorgne un peu vers la
musique de Charles Mingus (sans
les arrangements monstrueux
des cuivres).
Comme de bien entendu, il faut
des solistes inspirés
pour faire tenir l'édifice.
On y trouve aux saxes, un Pharoah
Sanders des bons jours, un Taib
Kibwe à l'alto un peu
free mais pas trop, un trombone
sensuel avec Benny Powell et
différentes percussions
de Victor Lewis et Neil Clark
qui virilisent un peu les thèmes.
Et bien sûr, Weston improvise
souvent avec un piano grave,
sensuel et qui swingue. Parfois
complice d'une grosse basse
ronflante (Alex Blake).
"Khepera" est un correct
album de jazz, peu innovant
bien sûr, plutôt
sage, mais avec beaucoup de
thèmes assez plaisants,
un son agréable et une
réelle unité.
Soit un jazz plus fait pour
durer plus que pour surfer sur
la tendance.