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Une curiosité

Mike Westbrook Band
Off Abbey Road (1989)



Eh oui, "Off Abbey Road" est un cover du célèbre album des quatre gars de Liverpool et MWB est un orchestre de jazz de musiciens britanniques qui a produit de beaux albums à mi-chemin entre un classicisme ellingtonien, un peu de free (oh, à peine) et un modernisme à la ECM (cf. "The Cortège").

Alors, quand on connaît la valeur de l'orchestre de Mike Westbrook et la qualité de "Abbey road" des Beatles, on aborde cet album la curiosité particulièrement attisée. Oui.

En effet, on se pose trois questions avant d’aborder cet album à la pochette bien laide : qu'est-ce que cela va donner ? Peut-on écouter cet album de jazz sans faire constamment référence à l'album des Beatles ? Paul est-il mort ?

Eh bien, il est difficile de répondre, surtout aux deux premières questions...

Si l'on se réfère uniquement à l’original, cet album peut décevoir. Par contre, si l'on essaie de faire abstraction de l'album des Beatles, posons, une quatrième question, oui pendant qu’on y est : qu'en est-il de cette oeuvre d'un point de vue, disons, jazzistique ?

Les premières constatations, assez négatives d'ailleurs, sont que les vocaux sont plutôt faibles. Certains titres sonnent un peu amateurs et le son est assez quelconque (il s'agit d'un enregistrement live).

Les points positifs sont les interventions solistes de Mike Westbrook au piano, Alan Wakeman et Peter Whyman excellents aux saxes et les arrangements de Mike Westbrook. Le guitariste Brian Godding essaie de sonner comme dans l'album des Beatles et parfois choque un peu au milieu de cet ensemble de cuivres de par un son un peu trop métallique mais ses interventions sont souvent intéressantes.

Le tempo de certains titres est parfois plus lent que sur l'album des Beatles. D'autres ne sont pas chantés comme "Here Comes The Sun" ou joués sur une mélodie différente comme dans "Octopus’s Garden", ce qui évite la comparaison et les rend plus intéressants.

L'ensemble rappelle par moments le rythm'n' blues des années 60, un peu le free-jazz, la musique contemporaine, les œuvres de Carla Bley ou la musique de Kurt Weill mais pas vraiment les Beatles, c’est peut-être une bonne chose.

Bref, c’était osé et difficile, et finalement plus une curiosité qu'une franche réussite.