Eh oui, "Off Abbey Road"
est un cover du célèbre
album des quatre gars de Liverpool
et MWB est un orchestre de jazz
de musiciens britanniques qui
a produit de beaux albums à
mi-chemin entre un classicisme
ellingtonien, un peu de free
(oh, à peine) et un modernisme
à la ECM (cf. "The
Cortège").
Alors,
quand on connaît la valeur
de l'orchestre de Mike Westbrook
et la qualité de "Abbey
road"
des Beatles, on aborde cet album
la curiosité particulièrement
attisée. Oui.
En
effet, on se pose trois questions
avant d’aborder cet album
à la pochette bien laide
: qu'est-ce que cela va donner
? Peut-on écouter cet
album de jazz sans faire constamment
référence à
l'album des Beatles ? Paul est-il
mort ?
Eh
bien, il est difficile de répondre,
surtout aux deux premières
questions...
Si
l'on se réfère
uniquement à l’original,
cet album peut décevoir.
Par contre, si l'on essaie de
faire abstraction de l'album
des Beatles, posons, une quatrième
question, oui pendant qu’on
y est : qu'en est-il de cette
oeuvre d'un point de vue, disons,
jazzistique ?
Les
premières constatations,
assez négatives d'ailleurs,
sont que les vocaux sont plutôt
faibles. Certains titres sonnent
un peu amateurs et le son est
assez quelconque (il s'agit
d'un enregistrement live).
Les
points positifs sont les interventions
solistes de Mike Westbrook au
piano, Alan Wakeman et Peter
Whyman excellents aux saxes
et les arrangements de Mike
Westbrook. Le guitariste Brian
Godding essaie de sonner comme
dans l'album des Beatles et
parfois choque un peu au milieu
de cet ensemble de cuivres de
par un son un peu trop métallique
mais ses interventions sont
souvent intéressantes.
Le
tempo de certains titres est
parfois plus lent que sur l'album
des Beatles. D'autres ne sont
pas chantés comme "Here
Comes The Sun" ou joués
sur une mélodie différente
comme dans "Octopus’s
Garden", ce qui évite
la comparaison et les rend plus
intéressants.
L'ensemble
rappelle par moments le rythm'n'
blues des années 60,
un peu le free-jazz, la musique
contemporaine, les œuvres
de Carla Bley ou la musique
de Kurt Weill mais pas vraiment
les Beatles, c’est peut-être
une bonne chose.
Bref,
c’était osé
et difficile, et finalement
plus une curiosité qu'une
franche réussite.