Roger
Waters
Radio
K•A•O•S (1987)
Roger
Waters faisait-il ici encore
du Pink Floyd pourrait-on se
demander fort à propos
?
Eh
bien, on peut répondre
oui... et non. En effet, cet
album solo propose comme un
album de Pink Floyd (le style
des mélodies) où
il n'y aurait que Waters accompagné
de quelques musiciens de studios.
En conséquence le son,
les arrangements, la production
sont assez différents.
Et
qui dit 'album solo' dit album
où le musicien se laisse
aller à montrer les différentes
facettes de sa personnalité
musicale. C'est La Palisse qui
me l'a dit. Et ce qui fait la
personnalité de Waters
ce sont d'abord de belles compositions
mélodiques. "The
tide is turning", "Sunset
trip" ou "Radio waves"
par exemple sont des hits en
puissance. C'est aussi une production
sans faille. (L'album enregistré
en 87 n'a pas le son lamentable
de la majorité des oeuvres
de cette époque.) C'est
encore plein de bruitages constants
et chiants à la longue.
Il y a des gens qui parlent
en fond sur la musique. Des
bruits d'explosion. Des mecs
qui rigolent, etc, etc... Un
Waters sans bruitage c'est comme
un Miles Davis sans trompette.
Cet
album, c'est aussi la grandiloquence
comme c'est la cas dans "Who
needs information ?", "The
power that be" et surtout
"Four minutes". Un
Waters sans grandiloquence c'est
comme un footballeur sans ballon.
Ce n'est pas grand chose.
Roger
Waters, c'est encore un concept-album.
Un Waters sans concept-album
c'est comme un Milan San Rémo.
Ca ne veut rien dire.
Quel
est le concept développé
dans cet album ? Il s'agit de
l'histoire de Billy. Ce dernier,
handicapé, ne peut communiquer
avec le monde qui l'entoure
que par l'intermédiaire
des ondes radios. Waters y développe
quelques thèmes récurrents
dans son oeuvre en solo. Course
aux armements, désinformation,
guerre, politique.
Waters
propose ici un catalogue de
chansons dont les mélodies
sont plutôt accessibles.
Elles rappellent par moment
Dire Straits, le Bowie des années
80 et bien sûr Pink Floyd.
Et bien qu'un peu fastoche musicalement
parlant, cet album est l'un
des deux plus intéressants
de Waters, juste après
"Amused to death"
dont tu peux retrouver la chronique
en cliquant sur le verso de
sa pochette, ci-dessous :
