Un
an après « Un tramway
nommé désir »
qui propulsa Brando au rang
d’icone en marcel, Kazan
et lui remirent ça avec
« Viva Zapata ! »,
sans le marcel, mais scénarisé
par l’ineffable Steinbeck
(oui, John, le même).
Ici des paysans de Morelos rencontrent
Porfirio Diaz, leur président
paternaliste et fastueusement
moustachu. Ce dernier leur oppose
la loi alors que ceux-ci se
plaignent de leurs champs volés
par de riches propriétaires
(avec des mitrailleuses).
Un seul homme ose se lever face
à l’injustice :
Emiliano Zapata, avec son visage
en latex, sa moustache ridicule
et son faux accent hispanique
que Brando articule à
peine. Il refuse d’être
la conscience du monde, certes,
mais il déteste la déloyauté
du gouvernement, car la terre,
dit-on dans l’arrière-pays
mexicain, est comme une femme
; tu vis avec elle toute ta
vie et c’est dur d’apprendre
qu’elle n’est pas
à toi.
Alors il prend les armes, libère
ses frères, rafle la
fille (c’est Jean Peters
qui ne servira pas à
grand-chose), mais sera trahi
par ceux qui ont trahi ceux
qui avait trahi.
Si tu veux connaître le
destin de Zapata, il te faudra
évidemment aller voir
ailleurs, car ce film, très
très très librement
inspiré de la vie du
sémillant moustachu à
cartouchières, traite
davantage du pouvoir qui corrompt
et est même carrément
un film anti-stalinien, celui-ci
et ses sbires ayant bafoué
l’utopie communiste à
coups de répressions
massives comme le font ici tous
les présidents mexicains.
Mais à défaut
d’avoir la réalité
historique, tu auras moult plans
avec demi-bonnette et c’est
quand même pas rien !
PS :
Notez que le roman « A
l’est d’eden »
du même Steinbeck sort
cette même année
52 et sera adapté au
ciné en 55 par le même
Elia Kazan.

Costard cravate et cartouches
en bandoulière,
la grande classe de Zapata.