"Salisbury"
- qui date d'une année
tellement lointaine qu'on se
souvient à peine qu'elle
fut surtout celle du tenrec
zébré des terres
basses -, est l'un des disques
les plus rigolos qu'il m'ait
jamais été donné
d'écouter. Et Dieu sait
si j'en ai écoutés
(des rigolos).
De
quoi s'agit-il me dirais-tu,
fébrile ?
En
fait, c'est en quelque sorte
comme une improbable rencontre
entre Deep Purple (pour le côté
hard-rock bien sûr), Emerson
Lake et Palmer (pour le côté
prise de tête progueuse
et claviers dégoulinants),
Chicago (pour les cuivres tonitruants),
Ennio Morricone (pour l'aspect
musique western spaghetti et
les choeurs ringards) et même
Focus pour le côté
musique tyrolienne. Oui tout
ça... Et encore j'en
omets peut-être. Faut
dire que je n'en suis pas encore
à la centième
écoute.
Ca
commence fort comme un clone
de Deep Purple (période
"In rock") avec un
chanteur qui se laisse un peu
aller dans les aigus ("Bird
of prey"). Il a un peu
de mal à maîtriser
la chose. Ensuite c'est un peu
n'importe quoi ("Time to
live" et "High priestess"
avec ses choeurs à défaillir).
Mais en cherchant bien, on peut
trouver quelque chose qui s'écoute
à la rigueur. Il s'agit
de "The park" et peut-être
"Lady in black"...
et puis il y a des solos de
guitare.
Mais
attention, le meilleur est pour
la fin. En effet, la cerise
sur la gâteau (si l'on
peut dire) arrive avec le dernier
titre. Ca s'appelle "Salisbury"
(oui, comme l'album). Soit plus
de 16 minutes d'une tentative
plutôt prétentieuse
et totalement à côté
de la plaque de faire en quelque
sorte une synthèse de
tout ce qui se faisait dans
le monde du rock (et d'autre
chose) à l'époque
où est sorti cet album.
On y trouve une intro classifiante
au ras des pâquerettes
façon le vieux live avec
orchestre symphonique des Purple
susnommé, un non négligeable
côté western ravioli,
des cuivres et des choeurs kitschissimes
(on dirait l'orchestre accompagnant
à l'époque Fugain
et son Big Bazar... C'est la
fêêêêête
!). A l'orgue on fait appel
à Charly Oleg puis à
Jimmy Smith (oui, pourquoi pas
après tout ?). Il y a
aussi des vocaux à se
plier en deux et un final à
la "Child in time".
Bidonifiant !
En
conséquence je ne saurais
trop te recommander de te jeter
sans tarder sur cette oeuvre
magistrale. Elle vaut largement
le détour.
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LA
CHRONiQUE D'UN AUtRE
DiSQUE DE 1971
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Tarkus
Emerson,
Lake And
Palmer
...
Parfois
boursouflé...
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