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CHRONiQUES MUSiCALES

AUtRES

Vaut le détour!

Uriah Heep
Salisbury (1971)

 

"Salisbury" - qui date d'une année tellement lointaine qu'on se souvient à peine qu'elle fut surtout celle du tenrec zébré des terres basses -, est l'un des disques les plus rigolos qu'il m'ait jamais été donné d'écouter. Et Dieu sait si j'en ai écoutés (des rigolos).

De quoi s'agit-il me dirais-tu, fébrile ?

En fait, c'est en quelque sorte comme une improbable rencontre entre Deep Purple (pour le côté hard-rock bien sûr), Emerson Lake et Palmer (pour le côté prise de tête progueuse et claviers dégoulinants), Chicago (pour les cuivres tonitruants), Ennio Morricone (pour l'aspect musique western spaghetti et les choeurs ringards) et même Focus pour le côté musique tyrolienne. Oui tout ça... Et encore j'en omets peut-être. Faut dire que je n'en suis pas encore à la centième écoute.

Ca commence fort comme un clone de Deep Purple (période "In rock") avec un chanteur qui se laisse un peu aller dans les aigus ("Bird of prey"). Il a un peu de mal à maîtriser la chose. Ensuite c'est un peu n'importe quoi ("Time to live" et "High priestess" avec ses choeurs à défaillir). Mais en cherchant bien, on peut trouver quelque chose qui s'écoute à la rigueur. Il s'agit de "The park" et peut-être "Lady in black"... et puis il y a des solos de guitare.

Mais attention, le meilleur est pour la fin. En effet, la cerise sur la gâteau (si l'on peut dire) arrive avec le dernier titre. Ca s'appelle "Salisbury" (oui, comme l'album). Soit plus de 16 minutes d'une tentative plutôt prétentieuse et totalement à côté de la plaque de faire en quelque sorte une synthèse de tout ce qui se faisait dans le monde du rock (et d'autre chose) à l'époque où est sorti cet album. On y trouve une intro classifiante au ras des pâquerettes façon le vieux live avec orchestre symphonique des Purple susnommé, un non négligeable côté western ravioli, des cuivres et des choeurs kitschissimes (on dirait l'orchestre accompagnant à l'époque Fugain et son Big Bazar... C'est la fêêêêête !). A l'orgue on fait appel à Charly Oleg puis à Jimmy Smith (oui, pourquoi pas après tout ?). Il y a aussi des vocaux à se plier en deux et un final à la "Child in time".

Bidonifiant !

En conséquence je ne saurais trop te recommander de te jeter sans tarder sur cette oeuvre magistrale. Elle vaut largement le détour.

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LA CHRONiQUE D'UN AUtRE DiSQUE DE 1971 _____________________________________________________________________________

Tarkus
Emerson, Lake And Palmer


... Parfois boursouflé...