Dans
la série j'-ai-honte-de-l'avoir-dans-ma-superbe-collection-de-33-tours,
voici en cette misérable
journée une oeuvre d'Uriah
heep qui osait proposer du hard
progressif à l'aube des
années 70. Ah les années
70 ! Non, ce coup-ci, ça
ne marche pas.
On
regarde la pochette et de suite,
on reconnaît la griffe de
Roger Dean, l’aquarelliste
préféré des
rockeurs progressifs d'autant,
et surtout Yes. "Oh joie
!" se dit-on en versant à
la dérobée et subrepticement
une larme et en sortant avec envie
le vinyle de sa pochette progueusement
seventies. On se dit qu'on va
se donner un petit coup de nostalgie.
On se surprend à fredonner
même un vibrant "Nous
sommes du soleil". On est
prêt à se délecter
à quelques envolées
symphoniques et mellotronnées
à la fois. On va se pâmer
d'aise sur de longs solos de guitares
fiévreuses.
Eh
bien, on se goure !
Seul
nous répond, si l'on peut
dire, un néant musical.
Il s'agit d'une musique qui hésite
entre le hard-rock et le symphonique
progueux. De plus, elle se laisse
facilement tenter par quelques
tendances "mode" de
l'époque et tout cela sonne
aujourd'hui très daté,
pompeux, prétentieux, très
premier degré et limite
ridicule.
Déçu, on remet soigneusement
cette sublime daube dans sa pochette
signée Roger Dean en se
disant que le temps est décidément
sans pitié surtout quand
il a pris son temps.