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CHRONiQUES MUSiCALES

AUtRES

Avec Roger Dean

Uriah Heep
Demons And Wizards (1972)


Dans la série j'-ai-honte-de-l'avoir-dans-ma-superbe-collection-de-33-tours, voici en cette misérable journée une oeuvre d'Uriah heep qui osait proposer du hard progressif à l'aube des années 70. Ah les années 70 ! Non, ce coup-ci, ça ne marche pas.

On regarde la pochette et de suite, on reconnaît la griffe de Roger Dean, l’aquarelliste préféré des rockeurs progressifs d'autant, et surtout Yes. "Oh joie !" se dit-on en versant à la dérobée et subrepticement une larme et en sortant avec envie le vinyle de sa pochette progueusement seventies. On se dit qu'on va se donner un petit coup de nostalgie. On se surprend à fredonner même un vibrant "Nous sommes du soleil". On est prêt à se délecter à quelques envolées symphoniques et mellotronnées à la fois. On va se pâmer d'aise sur de longs solos de guitares fiévreuses.

Eh bien, on se goure !

Seul nous répond, si l'on peut dire, un néant musical. Il s'agit d'une musique qui hésite entre le hard-rock et le symphonique progueux. De plus, elle se laisse facilement tenter par quelques tendances "mode" de l'époque et tout cela sonne aujourd'hui très daté, pompeux, prétentieux, très premier degré et limite ridicule.

Déçu, on remet soigneusement cette sublime daube dans sa pochette signée Roger Dean en se disant que le temps est décidément sans pitié surtout quand il a pris son temps.