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Un été en
hiver


Sho Miyake 

- 2025 -



« Un été en hiver » est adapté du mangaka Yoshiharu Tsuge et surtout de deux de ses courts récits, ici liés par le personnage de Lee qui est scénariste, écrit la première histoire, et vit la seconde.

En premier lieu, Nagisa se réveille à l’arrière d’une voiture garée, comme l’écrit Lee, au bout d'une impasse. Elle n’a aucune issue au mal qui l’étreint et duquel tu ignores tout.

Car cette première anecdote, comme souvent le fut l’œuvre de Tsuge, est elliptique, sans tension narrative et avec une esthétique de non-dit. Ici on suggère et on fait du cinéma d’auteur en 4:3, alors tu perçois la fièvre intérieure, l’inquiétude diffuse, notamment via le bouillonnement de la nature, les arbres comme la houle et la houle enragée tels le désir naissant et l’agitation non-exprimée par Yuumi Kawai qui est d’une indicible sensualité et Mansaku Takada qui est trop jeune. Cette première partie se conclut par l’emblématique mihiraki, la double-page de l’homme nageant seul dans la tourmente.

En second lieu et à l’issu de la projection sur grand écran de ce premier récit enchâssé et même carrément métadiégétique, Lee (c’est l’ineffable Sim Eun-kyeong) souhaite s'affranchir des mots pour retrouver la fraicheur du premier ressenti, et se rend donc dans l’arrière-pays nippon. Elle passe la nuit dans une auberge enneigée où vit un homme seul dont le corps se penche et tel un arbre mort il tend ses branches, comme le chantait le grand Gérard Manset.

Plus explicite que la première partie, celle-ci joue sur l’empathie et l’hospitalité du vieux monsieur désabusé à la souffrance contenue.

En somme, « Un été en hiver » ou plus littéralement et correctement « Voyage et quotidien » est un film qui oppose deux visions parfois opposées de la solitude, la rencontre, le fugace, la séparation et le voyage comme quête de soi.




Difficile de représenter une double page en 4:3.