Typhoon
club
Shinji Somai (1985)
«
Typhoon club » est un film
sur le mal être adolescent.
Ici une bande de jeunes luttent
contre les affres de la puberté
et s’interrogent sur le sens
de tout ceci, leur sexualité,
et leur devenir dans un bled quelconque
du Japon. D’ailleurs on les
voit plusieurs fois se défaire
du carcan de leur uniforme de lycéen
et se trimbaler en sous-vêtements
parce qu’ils sont transgressifs
et avides de liberté.
Puis arrive le typhon du titre qui
les verra, prisonniers de leur lycée
et d’eux-mêmes, franchir
les limites et se rendre compte
que la vie n’a pas de sens,
ce qui les aidera sans doute beaucoup
à l’avenir.
Le cinéma de Shinji Somai
a un peu ce célèbre
côté du cinéma
asiatique : « c’est
génial mais je me fais chier
». Il te montre quelque chose
d’une façon différente,
avec quelques cadrages et mouvements
de caméras bienvenus et une
foultitude de plans séquences
et de plans larges. Tu t’en
vois tout émoustillé
après avoir subi moult films
uniquement faits de gros plans en
champ-contrechamp et tu peux même
te laisser aller à la surinterprétation
cinéphile puisque Somai suspend
manifestement toute téléologie
pour faire affleurer un cinéma
de l’entre-deux dans l’errance
des corps et des affects.
« Typhoon club » sous-entend
donc, fait des ellipses, montre
sans souligner et sans doute que
ce typhon est même carrément
l’orage qui est en ces adolescents
éprouvés. Mais si
sa forme est louable et son angle
d’attaque itou (c’est
anti coming-of-age), il manque paradoxalement
d’allant et ses personnages
ne m’inspirent absolument
aucune sympathie sans doute du fait
d’une trop grande distance
émotionnelle.
PS
: Un autre film avec des lycéens
enfermés qui soulève
des questions profondes sur le mal
être adolescent :
« Breakfast club ».
La comparaison ne va pas bien loin,
mais je note la ressemblance des
titres et le fait qu’ils sont
tous les deux sortis en 1985 à
une dizaine de jours d’intervalle.
Un
cadrage à la Somai.
|