Erik
Truffaz
Saloua
(2005)
Truffaz
avait en ces temps un projet
qui n'était pas loin
de celui de cet autre jazzman
venu de Scandinavie et nommé
Molvaer. La musique de ce dernier
prend assise sur l'électronique,
un rien techno pour y laisser
glisser une trompette davisienne.
Conclusion : un truc factice,
hyper glacé et vite lassant.
Truffaz lui, même s'il
lorgne aussi du côté
de Miles Davis (qui n'a pas
fini d'être une manne
pour pléthore de musiciens
en panne d'identité),
cherche sa voix dans la world-music.
Sa musique présente donc
l'avantage d'être, disons...
plus chaleureuse.
L'album propose des titres qui
s'inspirent fortement de la
musique du Maghreb. Il y a même
un chanteur tunisien qui intervient
souvent. D'autres fois, on a
droit à des instrumentaux
qui trouvent leur sève
dans le moyen-orient. C'est
plutôt réussi même
si "Saloua" rappelle
fortement ce que faisait déjà
il y a une bonne trentaine d'années
le trompettiste Don Cherry (cf.
l'excellent "Escalator
over the hill"). Mais peu
importe.
Ensuite Truffaz retrouve donc
dans quelques titres la fusion
à tous crins dans la
lignée de ce que proposait
bien sûr Miles Davis.
C'est plutôt un copier/coller
qu'autre chose. Cela présente
donc peu d'intérêt
et de plus c'est assez ennuyeux.
Plus loin, il se lance dans
quelques thèmes plus
personnels et plus intériorisés
et bien mieux réussis
comme "Le soleil d'Eline"
ou "Whispering".
Cet album semble manquer de
directions précises.
Même s'il est vrai que
le métissage est un gage
évident de progrès
en musique, il ne doit pas non
plus être une fin en soi.
Bref, "Saloua" est
un album souvent intéressant
mais parfois un peu opportuniste.
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LA
CHRONiQUE D'UNE AUtRE
DiSQUE DE jAZZ
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Gateway
2
John Abercrombie
/ Dave Holland
/ Jack De
Johnette
...
rafraîchit
loin des
tendances...
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