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Avec deux ou trois jolies
filles et une paire de seins

Truck rascals : no one can stop me
Norifumi Suzuki (1975)

 

Au milieu des années 70, alors que les polars inspirés de faits réels, usés jusqu’à la corde comme tout ce qui est populaire, commençaient à lasser, la Toei trouva une énième porte de sortie avec l’interminable série des « Truck rascals ». Non pas que ce fut prémédité, mais le premier épisode eut un tel succès que ses créateurs en pondirent des tonnes. Et pourtant, il y avait tout juste matière à faire un film, et encore pas très long.

Ici Momojiro et Kinzo sont des routiers. Le premier est un bagarreur sec et lubrique et le second est un homme marié et père d’une tripotée d’enfants qu’il confond. A la cafet, Momojiro tombe amoureux d’une serveuse, alors qu’une autre camionneuse est amoureuse de lui, dont le frère (joué par l’ineffable Makoto Sato) défie Momojiro à la course. Bunta Sugawara, rompu aux rôles de durs à cuire, entre autres auprès de Fukasaku et déjà de Suzuki, est tout en nerf et en coups de poing et Aikawa est plutôt dans la bonhommie comique.

Les deux lascars jouent la blague bas du front et filent quelques beignes lors de scènes filmées à la Suzuki, c’est-à-dire en caméra portée, avec du roulis et des plans inclinés à 45°.

Finalement, ce buddy movie se permet une louchette tragique et récompense ton dur labeur quotidien par deux ou trois jolies filles et une paire de seins. Ce peu de matière permit aux « Truck rascals » de rivaliser avec une autre incroyable série à succès, « C'est dur d'être un homme », jusqu’en 1979.

Suzuki et son roulis.