Au
milieu des années 70,
alors que les polars inspirés
de faits réels, usés
jusqu’à la corde
comme tout ce qui est populaire,
commençaient à
lasser, la Toei trouva une énième
porte de sortie avec l’interminable
série des « Truck
rascals ». Non pas que
ce fut prémédité,
mais le premier épisode
eut un tel succès que
ses créateurs en pondirent
des tonnes. Et pourtant, il
y avait tout juste matière
à faire un film, et encore
pas très long.
Ici
Momojiro et Kinzo sont des routiers.
Le premier est un bagarreur
sec et lubrique et le second
est un homme marié et
père d’une tripotée
d’enfants qu’il
confond. A la cafet, Momojiro
tombe amoureux d’une serveuse,
alors qu’une autre camionneuse
est amoureuse de lui, dont le
frère (joué par
l’ineffable Makoto Sato)
défie Momojiro à
la course. Bunta Sugawara, rompu
aux rôles de durs à
cuire, entre autres auprès
de Fukasaku et déjà
de Suzuki, est tout en nerf
et en coups de poing et Aikawa
est plutôt dans la bonhommie
comique.
Les
deux lascars jouent la blague
bas du front et filent quelques
beignes lors de scènes
filmées à la Suzuki,
c’est-à-dire en
caméra portée,
avec du roulis et des plans
inclinés à 45°.
Finalement,
ce buddy movie se permet une
louchette tragique et récompense
ton dur labeur quotidien par
deux ou trois jolies filles
et une paire de seins. Ce peu
de matière permit aux
« Truck rascals »
de rivaliser avec une autre
incroyable série à
succès, « C'est
dur d'être un homme »,
jusqu’en 1979.
Suzuki et son roulis.