La
musique de Toby Driver est difficile...
enfin, ça dépend pour
qui.
Qui
est déjà familiarisé
avec la musique contemporaine (mais
est-ce vraiment possible ?), la musique
électronique allemande des années
70 (pas besoin d'être un vieux
machin pour ça), le courant marginal
que l'on appelle "free-rock"
("rock", si on veut) et tout
ce qui est plus ou moins déjanté
sera à même d'y trouver
un attrait.
Au
fil de quatre longues pièces
un rien atmosphériques, Driver
semble avoir la qualité première
de créer des climats oppressants
et une réelle ambiance plutôt
dramatique. Là est l'aspect fort
de cette oeuvre plutôt étrange.
Comme
toujours dans ce genre de projet hors
des sentiers battus, on sent parfois
comme un flottement, des passages où
l'artiste se perd un peu. Sans doute
pris par l'extase que doit lui procurer
sa création musicale, il ne maîtrise
plus le sujet. Et ça coince un
peu sans direction très précise.
Oubliant un peu le thème. Dans
un délire sonore parfois abscons.
Les
pistes semblent comme avancer à
l'infini. Même qu'on peut les
trouver un rien courtes. On y attend
l'explosion après de longues
montées de tension bien contrôlées.
Elle arrive parfois comme dans l'impressionnant
"Kandu vs. Corky (Horrorca)".
Feedback
de guitares électriques, cuivres
déchirés, cordes triturées,
piano usité façon musique
sérielle à la Schoenberg,
voix plaintive, percussions sombres,
effets électroniques divers,
tout y est.
En
fait, il n'y a rien à comprendre
à cette musique (pas plus qu'aux
autres, d'ailleurs). On réagit
ou pas.
Personnellement je l'ai trouvée
souvent prenante et parfois crispante.