Kazuko
(c’est Tomoyo Harada)
est amoureuse de Kazuo qui est
pourtant un type inexpressif
à la voix monotone. D’ailleurs
il avait un coach de voix monotone
(véridique). Elle l’aime
notamment parce que c’est
son ami d’enfance, le
fameux, et qu’elle a le
souvenir tenace d’une
comptine qu’ils chantaient
ensemble.
Après
les cours, Kazuko est de corvée
de rangement. Elle entend un
bruit dans le laboratoire, un
ballon en verre tombe et une
fumée s’en échappe,
elle s’évanouit.
Le lendemain, elle se réveille
à 9h87 et commence à
avoir des impressions de déjà-vu
jusqu’à revivre
la même journée.
Car Kazuko, voyez-vous, peut
utiliser son esprit pour se
déplacer dans le temps
!
Et
comment va-t-elle utiliser ce
pouvoir ? Eh bien elle ne va
pas l’utiliser parce que
chez Obayashi (et même
si c’est adapté
d’un roman, comme souvent,
ici un classique de la littérature
jeunesse), l’élément
fantastique n’est pas
la finalité du film et
ne crée pas de suspense.
Que ses personnages échangent
leur corps ou revivent le passé
amoureux de leur mère
– pour s’en tenir
à sa seule trilogie d’Onomichi
– ses films ne traitent
pas du fait original, mais des
tourments de l’adolescence,
des amours impossibles, du souvenir,
de la séparation et de
la nostalgie de la jeunesse,
le tout, évidemment,
avec collages et surimpressions,
séquences en stop-motion
et noir et blanc partiel.
Ce
film qui était censé
être le premier et dernier
de Tomoyo Harada,
que le producteur ne pensait
pas faite pour le métier,
fut un grand succès et
elle fit carrière.
PS :
« The girls who leapt
through time », alias
« La traversée
du temps », était
sorti en double programme avec
« Detective story »,
le second étant la tête
d’affiche censée
rafler la mise. Or, la postérité
a surtout retenu le premier.
PS2 :
On retrouve ici quelques habitués
du cinéma d’Obayashi
comme Toshie Negishi, Ittoku
Kishibe, Wakaba Irie et bien
sûr Toshinori Omi.
Obayashi dans son art.