Un
cosmonaute meurt lors d’une
sortie, ce qui ennuie grandement
son employeur puisque la prochaine
mission pourrait être
reportée et puis le budget
est contraint, la marge se dégrade
et le marché évolue
dans un contexte macroéconomique
tendu.
Bref,
vous connaissez le monde de
l’entreprise. Plutôt
que de simplement externaliser
le service informatique, les
lascars décident de recourir
au clonage. Ils enregistrent
la mémoire de leurs subordonnés
qui, lorsqu’ils décèderont,
pourront revenir comme neufs.
Ainsi l’entreprise n’aura
plus besoin de compenser financièrement
la famille et d’affronter
une presse hostile.
Et
justement Kohei, le protagoniste,
meurt au boulot. Il est donc
cloné et mal cloné
puisqu’il subit une violente
régression de sa mémoire.
Car derrière son mutisme
professionnel, Kohei cachait
une terrible blessure issue
de sa prime enfance et relative
à son frère jumeau.
Rongé
par la culpabilité et
en pleine crise identitaire
(est-il lui-même, est-il
son jumeau ?), le clone va s’enfuir
et cheminera jusqu’à
chez lui, comme le dit très
bien le titre de ce beau film.
«
The clone returns home »,
tu le vois venir, est une réflexion
sur le deuil, la culpabilité,
l’identité et même
carrément ontologique.
Ces thèmes, bien sûr,
et plus globalement l'existence
et la nature de la réalité,
peuvent te faire penser au «
Solaris » de Tarkovski
auquel il reprend, entre autre,
sa pluie et sa nature brumeuse.
Le clone et son double dans
une brume tarkovskienne.