accueil

autres chroniques


The Clone
returns home



Kanji Nakajima

- 2008 -



Un cosmonaute meurt lors d’une sortie, ce qui ennuie grandement son employeur puisque la prochaine mission pourrait être reportée et puis le budget est contraint, la marge se dégrade et le marché évolue dans un contexte macroéconomique tendu.

Bref, vous connaissez le monde de l’entreprise. Plutôt que de simplement externaliser le service informatique, les lascars décident de recourir au clonage. Ils enregistrent la mémoire de leurs subordonnés qui, lorsqu’ils décèderont, pourront revenir comme neufs. Ainsi l’entreprise n’aura plus besoin de compenser financièrement la famille et d’affronter une presse hostile.

Et justement Kohei, le protagoniste, meurt au boulot. Il est donc cloné et mal cloné puisqu’il subit une violente régression de sa mémoire. Car derrière son mutisme professionnel, Kohei cachait une terrible blessure issue de sa prime enfance et relative à son frère jumeau.

Rongé par la culpabilité et en pleine crise identitaire (est-il lui-même, est-il son jumeau ?), le clone va s’enfuir et cheminera jusqu’à chez lui, comme le dit très bien le titre de ce beau film.

« The clone returns home », tu le vois venir, est une réflexion sur le deuil, la culpabilité, l’identité et même carrément ontologique. Ces thèmes, bien sûr, et plus globalement l'existence et la nature de la réalité, peuvent te faire penser au « Solaris » de Tarkovski auquel il reprend, entre autre, sa pluie et sa nature brumeuse.




Le clone et son double dans une brume tarkovskienne.