La
même année que l’anarchique
« P.P. rider », Shinji Somai
a sorti « The catch » qui
débute par un plan séquence
de cinq minutes durant lequel il filme
ses acteurs à 100 mètres.
Ici Fusajiro (c’est Ken Ogata) vit
de la pêche au thon et avec sa fille
dans l’extrême nord de Honshu.
Il est rigide et intransigeant, alors
que son enfant ramène son Jules
qui a comme ambition de devenir pêcheur.
Impossible lui dit-on, même si le
père insensible et autoritaire
finit par l’accepter sur son rafiot
quitte à le laisser périr
pourvu qu’il ait sa prise.
De
cette première heure quasi-documentaire
à laquelle se prêtent finalement
bien les mouvements de caméra heurtés
et les « maladresses » techniques
propres à Somai, les accroches
manquent, comme souvent. L’adolescence
des films précédents, même
si on en pense ce qu’on en veut,
on l’a tous vécue, mais la
pêche au thon ?
Un
an après, Fujisaro retrouve sa
femme lors d’un « non mais
regarde cette scène ! » avec
grue devant l'ancienne auberge Tomitaya.
Car avant de perdre son gendre à
cause du thon et par là même
sa fille, il avait perdu sa femme parce
qu’il est un pêcheur vieillissant,
frustré et désespéré,
sévère et violent.
En
somme, « The catch » est un
drame familial doublé d’une
critique acerbe d’un machisme archaïque
et une chronique de la vie des pêcheurs
de thon à la ligne sur quelques
2h20 avec toutes les qualités somaiennes
qu’on lui connait (le rythme, le
temps, la réalisation dynamique,
le plan-séquence, l’imprévu,
etc.) et ses défauts, qui plus
est sur un thème difficile.
PS
: Comme « L’anguille »
d’Imamura, ce film est adapté
d’un bouquin d’Akira Yoshimura.
Ken Ogata qui joue ici le père
était d’ailleurs le protagoniste
de « La ballade de Narayama »
du même Imamura, également
sorti en 1983.
PS2
: Masako Natsume et Koichi Sato jouaient
déjà ensemble dans «
Antarctica », sorti trois mois plus
tôt, et qui fut le grand succès
du box-office japonais. « The catch
»
ne le fut pas, pour les raisons que tu
devines.
Tu voulais ton plan sur grue et tu l'as
eu.