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Ten Years After
About Time (1989)

 

Quelques années après (peut-être dix, pourquoi pas ?), les Ten Years After nous revenaient en 89, inoubliable année dont on se souvient encore du célèbre Rock Voisine, émouvant auteur de la bouleversante "Helène" une chanson sur la guerre de Troie où en fait ils étaient plus nombreux que ça...

Et ils remettaient le couvert les dix ans après. Tenaces les gars! Voilà-t-il pas qu'ils nous refaisaient le coup du blues-rock ! Bien sûr, le temps a passé et l'urgence s'est quelque peu diluée dans les années d'érosion comme disait Feu Haroun Tazieff qui adorait la musique de Rimski-Korsakov. Les ardeurs se sont un peu calmées et, plus près de Status Quo que de John Lee Hooker, c'est la maîtrise et le professionnalisme qui prédominent. Mais n'aie pas peur, mec, le feeling est toujours là ! Car comme le disait Eddy Merckx : "Le blues-rock, c'est comme le vélo, ça se perd pas !"

Donc, nous sommes à la fin des 80's et les Ten Years After ont le bon goût de ne pas nous inonder de claviers à la godille et conservent Alvin Lee, himself (oui, le même qu'à Woodstock) à la gratte ravageuse.

Et nous voilà avec un album de rock-blues bien fait, sans prétention, urgent et convivial, énergique et communicatif. On l'écoute, on se sent déjà mieux.

Bien sûr, il ne s'agit pas d'un chef-d'oeuvre. Il y a bien quelques passages de remplissages. Ca sonne parfois comme du Clapton (en plus énergique ou en moins appliqué) mais l'ensemble est plutôt sympa et le père Lee toujours aussi viril à la gratte.

En effet, le point fort de cet album réside dans les solos du brave et pugnace Alvin. Et il nous en balance à tous les coins de pistes. Hargneux et rapides. Gras et jouissifs.

"Highway of love" démarre à fond la caisse. Ca arrache. En terrain balisé, certes, mais avec conviction. Ensuite, il y a un petit virage sympa vers le blues. Puis ça traîne un peu jusqu'à un "Bad Blood" plutôt costaud. Et jusqu'au bout nos dix ans après assurent encore. Ils aimaient ça, c'est sûr.

Loin des modes à la con ou de quelques musiques expérimentales les Ten Years After faisaient leur truc blues-rock sans prise de tête.

Sympas, les gars.