Tarzan,
l'homme singe
W. S. Van Dyke (1932)
Il
existe, dit-on, de l’autre
côté de l’infranchissable
lieu-dit du Mutia, un cimetière
des éléphants dont
les défenses abandonnées
vaudraient des milliards.
Holt, Parker et sa fille Jane (c’est
l’ineffable Maureen O’Sullivan)
partent à sa recherche, après
avoir été superposés
sur des images d’archives
de mecs qui dansent.
Sur leur route, ils ont maille à
partir avec une tribu superstitieuse
et de violents hippopotames mais
l’équipée étant
composée de multiples porteurs,
ceux-ci se font croquer, tuer ou
bien l’un deux tombe d’une
falaise.
« Il est trop tard. On ne
peut rien faire pour lui »
dit l’homme blanc. C’est
à peu près par-là
que Tarzan (c’est l’ineffable
Johnny Weissmuller), au torse fraichement
rasé, pousse son incroyable
yodel et kidnappe Jane pour une
raison indéterminée
même si on peut supposer que,
tel King Kong, il s’emmourache
immédiatement de la belle
citadine au décolleté
audacieux.
Si Tarzan est d’un abord un
peu rustique, il sauve les éléphanteaux,
se bat vaillamment contre la bête
sauvage et a l’esprit joueur,
ce qu’apprécie particulièrement
Jane comme nous pouvons le voir
lors de quelques scènes d’une
prodigieuse tension sexuelle durant
lesquelles Maureen O’Sullivan
a la lèvre tremblante, trahissant
un désir qu’elle feint
d’ignorer. Tarzan, lui, a
l’air ahuri de celui qui a
été élevé
par des macaques.
Finalement, je ne dirai pas que
« Tarzan » est ringard
puisque c’est une évidence,
le film ayant été
tourné il y a 2000 ans, mais
je dirai qu’il est absolument
ringard, d’un ringard finalement
marrant avec une nature souillée
par la civilisation corrompue, une
Afrique issue d’un vieux fantasme
colonial et surtout l’homme
authentique, avec ses admirables
pectoraux, dont la pureté
contagieuse lui permet de remporter
la mise.
PS
: Johnny Weissmuller
est né en Autriche-Hongrie,
pour vous dire que c’était
pas hier.

L’homme
authentique étrangle la lionne
empaillée.
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