Qui
a écouté les autres
parutions des Talking Heads
ou de Eno (avec chant) fait
le constat suivant : "Remain
in light" est nettement
supérieur. L'album consiste
à mettre des rythmes
lancinants, des tonnes de percussions,
des choeurs percutants et des
bidouillages compliqués
sur une musique pop-disco qu'on
aurait détourné
de sa fonction initiale. Et
ça marche. Très
original à sa sortie
à l'orée d'une
époque partie pour une
décennie d'obscurantisme,
cet album a perdu un peu aujourd'hui
de son aspect recherché
mais conserve son côté
costaud, urgent, positif et
convivial. On peut même
danser dessus. Sympathique donc,
cet album présente quelques
titres plutôt intéressants
et recherchés. Sans doute
que le père Eno y est
pour beaucoup. "The great
curve" (avec des choeurs
énormes) et son solo
de guitare décalé
(Belew) est efficace, aidé
par la présence de percussions
joyeuses et diverses. Ceci tendant
à prouver que l'on peut
faire n'importe quoi dans la
mesure où il y a une
assise rythmique efficace. "Once
in a lifetime" et "Born
under punches" (et son
solo bizarroïde) sont sympas
et bien envoyés. "Crosseyed
and painless" et "Seen
and not seen" font un peu
remplissage. "Listening
wind" est une petite ballade
avec une jolie mélodie,
agréable, sans plus.
"The overload" plus
sombre et prenant termine bien
l'album. Le tout malgré
un chanteur (Byrne) sans réel
feeling.
Bref, "Remain in light"
est sûrement le meilleur
album rock de Brian Eno.