David
Sylvian est un musicien anglais
peu connu à part peut-être
par les fans du groupe King Crimson
car il a collaboré un temps
avec Robert Fripp (du groupe susdit)
dont il ne faut surtout pas dire
du mal. Il est inattaquable bien
que jouant sans bouger que les
oreilles. C'est bien connu.
Fripp
jouant sans bouger les oreilles
!
Ici,
Sylvian propose une oeuvre plutôt
dépouillée où
il est accompagné seulement
de bruits électroniques
assez fascinants, de guitares
électriques désincarnées
(j'aime bien cet adjectif), la
sienne bien sûr et celle
de Derek Bailey que je ne connaissais
pas, je sors très peu.
Il y a aussi Christian Fennesz
dont il me semble avoir écrit
un petit quelque chose, faudrait
vérifier. Ce dernier bidouille
dans "A fire in the forest".
Ça crée l'ambiance.
"Blemish"
n'est pas toujours facile d'accès
car très introverti et
assez minimaliste. Sylvian y chante
même a capella sur certains
thèmes. Les mélodies
sont à peine esquissées,
fugaces et légères
avec, en échos, de mystérieuses
sonorités. J'avais pensé
courtes mais fugaces
c'est plus sympa.
Cet
album est assez prenant. L'accompagnement
(guitare/effets électroniques)
met largement en valeur la voix
intéressante de Sylvian.
Elle se promène, hallucinant
les huit plages d'une beauté
convulsive. C'est beau, n'est-ce
pas ? Oui, je m'applique parce
que quand je fais une chronique
sur Sylvian, j'y mets la forme.
Donc, l'album est plus ou moins
accessible, selon l'aspect mélodique
des thèmes. Et on en sort
à la fois étonné
et conquis. Parfaitement.
Cet
album déroutant pourra
soit ravir ceux qui aiment les
musiques différentes ou
bien provoquer un sentiment de
rejet chez un auditeur non averti...
que tu n'es pas, bien sûr.
Donc, comme moi, tu apprécieras
cet album original et mélancolique.
Tu as bon goût.