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les autres chroniques


lntroverti et
minimaliste

David Sylvian
Blemish (2003)


David Sylvian est un musicien anglais peu connu à part peut-être par les fans du groupe King Crimson car il a collaboré un temps avec Robert Fripp (du groupe susdit) dont il ne faut surtout pas dire du mal. Il est inattaquable bien que jouant sans bouger que les oreilles. C'est bien connu.

Fripp jouant sans bouger les oreilles !

Ici, Sylvian propose une oeuvre plutôt dépouillée où il est accompagné seulement de bruits électroniques assez fascinants, de guitares électriques désincarnées (j'aime bien cet adjectif), la sienne bien sûr et celle de Derek Bailey que je ne connaissais pas, je sors très peu. Il y a aussi Christian Fennesz dont il me semble avoir écrit un petit quelque chose, faudrait vérifier. Ce dernier bidouille dans "A fire in the forest". Ça crée l'ambiance.

"Blemish" n'est pas toujours facile d'accès car très introverti et assez minimaliste. Sylvian y chante même a capella sur certains thèmes. Les mélodies sont à peine esquissées, fugaces et légères avec, en échos, de mystérieuses sonorités. J'avais pensé courtes mais fugaces c'est plus sympa.

Cet album est assez prenant. L'accompagnement (guitare/effets électroniques) met largement en valeur la voix intéressante de Sylvian. Elle se promène, hallucinant les huit plages d'une beauté convulsive. C'est beau, n'est-ce pas ? Oui, je m'applique parce que quand je fais une chronique sur Sylvian, j'y mets la forme. Donc, l'album est plus ou moins accessible, selon l'aspect mélodique des thèmes. Et on en sort à la fois étonné et conquis. Parfaitement.

Cet album déroutant pourra soit ravir ceux qui aiment les musiques différentes ou bien provoquer un sentiment de rejet chez un auditeur non averti... que tu n'es pas, bien sûr.

Donc, comme moi, tu apprécieras cet album original et mélancolique. Tu as bon goût.