Bien
sûr, ce n'était pas son
nom... encore moins son prénom.
Imagine un peu une mère appeler
son fils Cat. Pourquoi pas
Dog ou Bird ? Encore
que Bird... Mais, là,
c'était un surnom.
Donc,
Cat Stevens s'appelle en réalité
Girgeou Panathinaïkos Olympiakos,
soit un bon gars qui composait de
forts belles chansons.
Un don des dieux, je te dis.
Tous les matins, en taillant sa barbe
de pâtre grec, les cheveux aux
quatre vents, lui venaient plein de
merveilleuses mélodies qu'il
sifflotait sans peine dans sa salle
de bains. Lundi, c'était la
belle "Wild World" et la
délicieuse "Oh Very Young".
Mardi, il donnait une seconde jeunesse
à l'excellente "Morning
Has Broken" composée par
on ne sait plus qui et créait
la sublime "Sad Lisa". Mercredi,
ça ne venait pas. Il avait
un trou, Dieu sait pourquoi. Jeudi,
c'était la merveilleuse "Moonshadow".
Vendredi, la mélancolique "Father
And Son" et samedi l'immortelle
"Lady d'Arbanville". Quant
au dimanche, repos. Alors, il en profitait
pour méditer. Où vais-je
? Qui suis-je ? Qui va gagner ? Chelsea
ou Tottenham ? (Car il adorait le
foot en bon grec qui se respecte.)
Mais un jour, à force de se
poser plein de questions métaphysiques,
ce qui devait arriver arriva. Il attrapa
une véritable crise de foi.
Et voici donc notre Cat qui largue
tout, le show-biz, les chansons, les
tournées et même Lady
d'Arbanville. Finies les jolies ritournelles.
Adieu les belles mélodies.
Le tout au grand dam de sa maison
de disques qui, la pauvre, dut se
contenter de sortir des greatest hits,
des more greatest, des best of, des
complete collection, des all the best,
et même ce very best of et peut-être
après aussi un very very all
the greatest best hits pas piqué
des vers...
PS : Depuis Cat avait fait son come-back
dans une certaine indifférence.