Une
station spatiale en orbite autour
de l’énigmatique
planète Solaris transmet
des messages nébuleux
à la Terre.
Il est décidé
d’y dépêcher
un psychologue afin de s’enquérir
de la bonne santé mentale
des scientifiques et de rapatrier
la station s’ils s’avèrent
incapables de continuer leur
mission.
Les
Russes optent pour le psychologue
le plus fragile au monde, Kris
Kelvin, dont la vie semble faite
de lourds traumatismes. Malheureusement
pour lui, il s’avère
que Solaris envoie désormais
aux scientifiques des représentations
physiques de leur psyché.
Où tu rêverais
sans doute de ton chat mort
de vieillesse il y a vingt ans,
et tu serais très heureux
de le revoir, Kris rêve
de sa femme morte il y a dix
ans et la retrouver réveille
en lui une terrible blessure,
car elle se suicida et le pauvre
vieux est depuis rongé
par la culpabilité.
Bref,
tu l’as compris, ce psy
aurait bien besoin d’un
psy et « Solaris »
n’est pas un récit
de science-fiction, ce qui hérissa
l’auteur du roman ici
adapté, mais une histoire
d’amour tragique, de remords,
sur le souvenir et la perte.
Parce que réalisé
par l’ineffable Tarkovski,
il contient nombre de moments
de cinéma avec, outre
sa philosophie, des plans prolongés,
des mouvements de caméra,
des changement de couleurs,
des bruits, etc.
On
y retrouve ses codes et ses
objets qui bougent seuls, qui
tombent, la maîtrise esthétique
de la nature (pluie, vent, brume),
l’eau qui s’infiltre
et ainsi de suite. L’interminable
et rugueuse introduction, qui
dure la bagatelle de 45 minutes,
en est d’ailleurs remplie
à ras-bord, jusqu’au
cheval qui passe exactement
au bon moment.
Finalement,
Tarkovski a toujours fait des
films suffisamment riches visuellement
et thématiquement pour
surpasser leurs lourdeurs, et
celui-ci n’y coupe pas.
Kris Kelvin a besoin d'un psy.