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Solaris


Andrei Tarkovski 

- 1972 -



Une station spatiale en orbite autour de l’énigmatique planète Solaris transmet des messages nébuleux à la Terre.

Il est décidé d’y dépêcher un psychologue afin de s’enquérir de la bonne santé mentale des scientifiques et de rapatrier la station s’ils s’avèrent incapables de continuer leur mission.

Les Russes optent pour le psychologue le plus fragile au monde, Kris Kelvin, dont la vie semble faite de lourds traumatismes. Malheureusement pour lui, il s’avère que Solaris envoie désormais aux scientifiques des représentations physiques de leur psyché. Où tu rêverais sans doute de ton chat mort de vieillesse il y a vingt ans, et tu serais très heureux de le revoir, Kris rêve de sa femme morte il y a dix ans et la retrouver réveille en lui une terrible blessure, car elle se suicida et le pauvre vieux est depuis rongé par la culpabilité.

Bref, tu l’as compris, ce psy aurait bien besoin d’un psy et « Solaris » n’est pas un récit de science-fiction, ce qui hérissa l’auteur du roman ici adapté, mais une histoire d’amour tragique, de remords, sur le souvenir et la perte. Parce que réalisé par l’ineffable Tarkovski, il contient nombre de moments de cinéma avec, outre sa philosophie, des plans prolongés, des mouvements de caméra, des changement de couleurs, des bruits, etc.

On y retrouve ses codes et ses objets qui bougent seuls, qui tombent, la maîtrise esthétique de la nature (pluie, vent, brume), l’eau qui s’infiltre et ainsi de suite. L’interminable et rugueuse introduction, qui dure la bagatelle de 45 minutes, en est d’ailleurs remplie à ras-bord, jusqu’au cheval qui passe exactement au bon moment.

Finalement, Tarkovski a toujours fait des films suffisamment riches visuellement et thématiquement pour surpasser leurs lourdeurs, et celui-ci n’y coupe pas.




Kris Kelvin a besoin d'un psy.