Avec les Islandais de Sigur
Ros, nous quittons les sauvages
contrées du rock, royaume
du bruit et de la fureur où
règnent en maître
des guitares agressives et brûlantes,
des rythmiques schizophrènes
et des chanteurs écorchés
vif.
Nous
fuyons le monde de l'urgence
pour entrer tout en douceur
et introspection dans un autre,
plus serein, différent
et où l'intériorité
et le ouaté le disputent
à un romantisme doux
et aérien.
Dès l'intro, nous plongeons
dans un univers onirique. Le
chant, tel un instrument soliste
(à l'instar de ce que
fait par ailleurs fort bien
Robert Wyatt) et les accompagnements
en demi-teinte (claviers et
cuivres du plus bel effet) nous
envoûtent avec une économie
extrême de moyens et un
minimum d'emphase dans des mélodies
légères, pures
et fascinantes.
Nous voici entraînés
dans une sphère irréelle,
mystérieuse et agréable
à la fois, comme si nous
partions, légers vers
quelque course lointaine en
quête d'un paradis perdu.
Les sons magiques, semblent
planer dans notre tête
semblables à des petites
bulles légères.
Sigur Ros nous invite alors
au recueillement dans un concept
où le silence devient
partie prenante du climat général
de l'oeuvre, où l'intimisme
l'emporte sur la profusion et
la justesse de la mélodie
sur le son pur.
Tout au long de cet album, à
écouter d'une traite,
on se retrouve en quelque sorte,
comme calfeutré dans
un abri sûr où
une certaine atmosphère
se dégage, faite de calme,
de lyrisme et d'émotion.
Le chanteur nous murmure, complice,
quelques mélodies chargées
d'une certaine émotion.
C'est beau !