Luis
Sepúlveda
Journal
D'un Tueur Sentimental
(1997)
D'aucuns
diraient que le "Journal
d'un tueur sentimental" est
un roman. Moi je dirais que c'est
une nouvelle. Ici écrit
donc un tueur professionnel (et
sentimental). Il est vulgaire,
cru et n'a que deux motivations
dans la vie :
son boulot et le cul. Son boulot
consiste à tuer un mexicain
pour une somme avec six zéros.
Le cul, c'est une chaudasse française
rencontrée à Paris,
de dix-sept ans sa cadette. Il
est à la terrasse d'un
café, elle s'assoit à
sa table, elle veut se faire sauter.
J'espère que tous les Chiliens
n'imaginent pas les Françaises
ainsi, sans quoi ils feraient
fausse route, évidemment,
puisqu'il faut au moins leur payer
un verre avant de les sauter.
Mais là nous sommes dans
une nouvelle, on n'a pas le temps,
hein, on n'est pas chez Balzac.
Ce "Journal d'un tueur sentimental"
se laisse lire parce qu'il est
original et court et si une partie
du dénouement est prévisible
depuis le tout début, l'intérêt
se situe davantage dans l'autre
partie. Quant au style parlé/polar,
il s'avère de très
bas niveau (ou bien est-ce la
traduction), on n'est pas chez
James Ellroy.
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