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le mystère est le père
de la fascination

Sept hommes à abattre
Budd Boetticher (1956)

 

Budd Boetticher était fou, imbu de lui-même et avait deux amours : la corrida et la liberté artistique, alors il faisait des films sur des matadors et était en conflit avec les grands studios hollywoodiens, jusqu’à ce qu’il rencontre Randolph Scott et Burt Kennedy. Le premier jouait le rôle principal et le second écrivait le scénario.

Ici exceptionnellement produit par John Wayne, « Sept hommes à abattre » est le premier film de Kennedy et on y trouve évidemment des voyageurs qui bivouaquent et boivent du café. On boit beaucoup de café chez Kennedy. Randolph Scott joue un homme expérimenté et fataliste, comme toujours, qui se venge, comme souvent. Il est Ben Stride, un ancien shérif qui mène une vendetta contre les truands qui ont tué sa femme et qui sont sept, d’où le titre. Stride a son propre sens de la morale et de la justice et est un homme de peu de mots dont le peu de mots est toujours insolent et troublant. Il plaît aussi beaucoup aux femmes parce qu’il est mystérieux. Or, le mystère est le père de la fascination, car ce qui demeure inexpliqué attire, ici en l’occurrence Gail Russell, qui tentait de relancer sa carrière ravagée par l’alcool. Elle aurait pu, notamment parce que c’était une belle femme, mais la bouteille réclama son dû.

Pleinement dans le style Boetticher/Kennedy, la plupart des personnages principaux se situent dans une zone grise, inclus l’ineffable Lee Marvin qui s’exprime en non-dits.



Alors que Lee Marvin leur assène des non-dits,
Scott et Russell boivent du café.