Budd
Boetticher était fou,
imbu de lui-même et avait
deux amours :
la corrida et la liberté
artistique, alors il faisait
des films sur des matadors et
était en conflit avec
les grands studios hollywoodiens,
jusqu’à ce qu’il
rencontre Randolph Scott et
Burt Kennedy. Le premier jouait
le rôle principal et le
second écrivait le scénario.
Ici exceptionnellement produit
par John Wayne, « Sept
hommes à abattre »
est le premier film de Kennedy
et on y trouve évidemment
des voyageurs qui bivouaquent
et boivent du café. On
boit beaucoup de café
chez Kennedy. Randolph Scott
joue un homme expérimenté
et fataliste, comme toujours,
qui se venge, comme souvent.
Il est Ben Stride, un ancien
shérif qui mène
une vendetta contre les truands
qui ont tué sa femme
et qui sont sept, d’où
le titre. Stride a son propre
sens de la morale et de la justice
et est un homme de peu de mots
dont le peu de mots est toujours
insolent et troublant. Il plaît
aussi beaucoup aux femmes parce
qu’il est mystérieux.
Or, le mystère est le
père de la fascination,
car ce qui demeure inexpliqué
attire, ici en l’occurrence
Gail Russell, qui tentait de
relancer sa carrière
ravagée par l’alcool.
Elle aurait pu, notamment parce
que c’était une
belle femme, mais la bouteille
réclama son dû.
Pleinement
dans le style Boetticher/Kennedy,
la plupart des personnages principaux
se situent dans une zone grise,
inclus l’ineffable Lee
Marvin qui s’exprime en
non-dits.
Alors que Lee Marvin leur assène
des non-dits,
Scott et Russell boivent du
café.