Fenix
est un enfant magicien dont la vie n’est
pas simple (du tout), non seulement parce
que son père lui tatoue le torse
au couteau pour en faire un homme, mais
également parce que sa mère
idolâtrie la sainte aux bras coupés,
mais aussi et surtout parce que sa génitrice,
surprenant son géniteur avec la
femme tatouée, les brûle
à l’acide, se fait elle-même
couper les bras et son mari meurt comme
un chien. De plus, la femme tatouée
s’enfuit avec Alma, le crush de
Fenix.Vous
l’avez compris, le petit perd les
pédales et, adulte, est interné.
Dès
lors, ce film qui était déjà
très Jodoroswky dans sa partie
de cirque mexicain baroque, devient encore
plus Jodorowsky dont le cinéma
comprend irrémédiablement,
je vous le rappelle, des mecs à
poil, des figures christiques, des métaphores
ésotériques et des handicapés-cul-de-jatte-manchots.
Jodorowsky
filme l’extravagance des marginaux
et des laissés-pour-compte en recherchant
fréquemment l’image choc,
avec notamment des hectolitres de sang,
une inévitable quête initiatique
et d’émancipation ainsi qu’une
poésie surréaliste avec
de grosses louches d’aliénation
familiale du fait de parents castrateurs
et intrusifs.
Outre
ses caractéristiques visuelles
notables et son non-conformisme, ce qui
est strictement ce que tu es venu voir,
« Santa sangre » fait également
de l’œil à « Psychose
» et tente de venir te surprendre
dans ton canapé.
Fenix renaîtra-t-il de ses cendres
?