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Désespéré et ironique

Sang et sable
Kihachi Okamoto (1965)

 

Une fanfare de jeunes soldats japonais joue « When the saints go marching in » et tombe sur un grand ineffable du 20e siècle : Toshiro Mifune, alias Kosugi san. Celui-ci, transféré dans les confins de la Chine pour insubordination va tenter vaille que vaille de sauver la mise des musiciens alors que la guerre touche à sa fin.

Car figurez-vous que leur supérieur (c’est Tatsuya Nakadai) leur somme de reprendre un poste avancé, à 17 contre un trillion puisque le Chinois est ici très nombreux. Heureusement que ce dernier est une masse qui utilise une célèbre tactique qui a fait ses preuves au cinéma : ils avancent groupés sans réfléchir.

« Sang et sable » alias « Fort camarde » (Fort camarde ?) est du Okamoto tout craché avec la seconde guerre mondiale, la Chine, la violence et la thématique de western avec ici un humour essentiellement orienté pipi/caca/érections et une dénonciation inévitable de la guerre car elle fut longue et massacrante. Les jeunes sont négligés par un système inique (les vieux aussi d’ailleurs) et s’embarquent dans une mission suicide. Tous ces hommes qui ont une conception particulière de la couverture mitrailleront donc à découvert l’ennemi vague après vague.

« Sang et sable » est un film désespéré et ironique avec une violence formelle, des relents de film de commando et de siège avec une utilisation fréquente de la musique (c’est une fanfare). Mifune est aidé d’un duo de drôles (en réalité un trio, mais le troisième est effacé) joué par les inévitables Yunosuke Ito et Makoto Sato et on trouve aussi Reiko Dan. Il est regrettable que le personnage le plus nuancé (celui de Nakadai) ne soit pas plus utilisé.



Il y a un final dantesque.