Sailor
suit and machine gun
Shinji Somai (1981)
Hiroko
Yakushimaru porte un t-shirt «
Gitanes sans filtre », pour
vous dire que ça n’a
pas été tourné
hier. Bref, un boss yakuza sur le
point de mourir désigne son
successeur. Ses sbires découvrent
que ce dernier est mort et nomment
sa fille, adolescente, à
la tête de leur gang.
Ce film a un pitch, un titre et
un visuel souvent associé
trompeurs. On pourrait penser y
trouver une lycéenne vêtue
du sailor fuku mitraillant la pègre
à qui mieux mieux dans un
film d’action débridé
alors qu’il s’agit de
l’inverse, soit un film d’inaction
feutré dans lequel l’adolescente
ne mitraille (presque) personne.
« Sailor suit… »
est à mi-chemin entre la
chronique amusante de yakuza et
le récit initiatique (le
fameux « coming of age »)
avec un enduit de cinéma
d’auteur qui permettrait sans
doute de dire que ce film est une
élégie contradictoire
où la candeur juvénile
se heurte à la vacuité
d’une violence masculine en
délitement.
Et peut-être est-ce même
une critique acerbe de la société
japonaise, ce que vous avez immédiatement
compris en sunrinterprétant
une tripotée de plans larges,
de plans séquences en veux-tu
en voilà et de cadrages baroques
qui donnent au film une personnalité,
même si son langage ne semble
pas avoir de sens.
En somme, « Sailor suit…
» m’a inspiré
un relatif désintérêt,
mais il déborde d’idées
de mise en scène et est cool
à regarder.
Une
image qui résume bien mieux
le film
qu’une lycéenne avec
une mitraillette.
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