En
ces temps, on le croyait au
fond du gouffre, ce bougre
de Renaud et il nous sortait
son roman de Renard, un truc
perso, très intime,
un brin démago, un
peu anar sur les bords, beaucoup
facile, mais sûrement
authentique... en tout cas,
faut s'en persuader pour écouter
son cd.
Rappel
des faits : sa gonzesse l'avait
alors quitté, le Renaud,
et depuis, il avait sombré,
le Renard.
Renaud,
c'est alors un mec super tristounet
qui vient nous chialer dans
la chemise avec son accordéon
languissant, sa guitare molle,
ses violons à la con
et c'est à peine si
on entend sa voix à
ce pauvre Séchan qui
chante sa plainte de façon
monocorde sur des musiques
presque toutes de Buccolo
(un musicien qui avait bossé
avec le moustachu d'Astaffort).
On
le voulait vrai, nous prenant
les couilles, capté
live, égaré
dans le fond glauque d'un
bistro de Paname entouré
de clodos hagards et le voilà
servi clean, sorti frais,
très BCBG, limite Souchon,
d'un médiocre studio
où l'on se plaît
à tout aseptiser dans
le seul souci vulgairement
mercantile de la vente massive.
Heureusement
quelques paroles bien senties
sauvent le tout et il semble
avoir trouvé dans sa
déchéance le
terreau où puiser son
inspiration comme on dit dans
Rustica.
Cette
oeuvre de Renaud trimballe
quelques clichés assez
agaçants. On y trouve
parfois une atmosphère
de mélancolie prenante
("Boucan d'enfer",
"Baltique" ou "Coeur
perdu") mais c'est souvent
limite mièvrerie et
cela me laisse une impression
plutôt mitigée.