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CHRONiQUES MUSiCALES

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Souvent limite
mièvrerie...

Renaud
Boucan D'enfer (2003)

 

En ces temps, on le croyait au fond du gouffre, ce bougre de Renaud et il nous sortait son roman de Renard, un truc perso, très intime, un brin démago, un peu anar sur les bords, beaucoup facile, mais sûrement authentique... en tout cas, faut s'en persuader pour écouter son cd.

Rappel des faits : sa gonzesse l'avait alors quitté, le Renaud, et depuis, il avait sombré, le Renard.

Renaud, c'est alors un mec super tristounet qui vient nous chialer dans la chemise avec son accordéon languissant, sa guitare molle, ses violons à la con et c'est à peine si on entend sa voix à ce pauvre Séchan qui chante sa plainte de façon monocorde sur des musiques presque toutes de Buccolo (un musicien qui avait bossé avec le moustachu d'Astaffort).

On le voulait vrai, nous prenant les couilles, capté live, égaré dans le fond glauque d'un bistro de Paname entouré de clodos hagards et le voilà servi clean, sorti frais, très BCBG, limite Souchon, d'un médiocre studio où l'on se plaît à tout aseptiser dans le seul souci vulgairement mercantile de la vente massive.

Heureusement quelques paroles bien senties sauvent le tout et il semble avoir trouvé dans sa déchéance le terreau où puiser son inspiration comme on dit dans Rustica.

Cette oeuvre de Renaud trimballe quelques clichés assez agaçants. On y trouve parfois une atmosphère de mélancolie prenante ("Boucan d'enfer", "Baltique" ou "Coeur perdu") mais c'est souvent limite mièvrerie et cela me laisse une impression plutôt mitigée.