Procol
Harum, c'était tout le
rock symphonique. Style et distinction.
Costard et haut de forme. Champagne
et œufs mornay.
Entre variété
superlative (beaux thèmes
très mélodieux)
et rock prog estampillé
70's (clin d'oeil au classique,
guitares furieuses et orgue
déchaîné)
Procol Harum proposait en ces
temps anciens un album très
accessible et agréable.
"Grand hotel" (la
chanson) est excellente. Orchestre
symphonique. Valse et rock and
roll. Grandes envolées,
piano raffiné, guitare
en feu. Profiteroles et pêches
flambées. Que dire de
"Fires (which burnt brightly)"
avec Christiane Legrand (la
sœur de l'autre) qui nous
offre de superbes vocalises
sur une belle mélodie
de Gary Brooker et une jouissive
assise rythmique ? Aérien
et subtil. Pétillant
comme un Canard Duchêne.
"TV Ceasar", "Toujours
l'amour", "A souvenir
of London", "Bringing
home the beacon" représentent
l'archétype des titres
procolharumiens : thèmes
imparables, son hyper-léché
(Chris Thomas, production),
guitare charnelle, rythmique
à la fois souple et virile,
voix pleine de feeling de Brooker...
et aussi un rien de facilité.
C'est d'ailleurs ce qui gâche
un peu le reste des titres de
cet album et les rend plus dispensables
au fil des écoutes et
du temps.
Bref, "Grand hotel"
est sans doute l'album de Procol
Harum le plus abouti, pas loin
du Ritz et à deux pas
de la grande classe.
Champagne
pour tout le monde !