Le
film commence par la répétition
incroyablement ratée du débarquement
en Normandie, fin avril 44, qui se solde
par des centaines de morts et qui inspira
ces mots à Eisenhower dont tu ne
douteras évidemment pas de la véracité
: « Fuck me ».
Le
2 juin, Stagg débarque au QG du
commandant en chef du corps expéditionnaire
allié, ici joué par l’ineffable
Brendan Fraser, qui lui dit en substance
que le débarquement est prévu
pour le 5 alors il a intérêt
à ne pas se tromper sur la météo.
Stagg
est le génie rigide dont l'armée
a besoin tout en supportant mal sa personnalité
et sa manière de penser, notamment
deux figures d’antagonistes simplistes
aux contours bien définis : l’arrogant
Irving Krick et l’arrogant Bernard
Montgomery (ce dernier étant d’ailleurs
joué par Damian Lewis qui te rappellera
sans doute ce que la guerre a de mieux
à nous offrir : « Band of
brothers »).
Les
deux lascars veulent que le débarquement
ait lieu le 5 juin pour des raisons qui
pourraient se défendre si elles
n’étaient pas enrobées
de manipulation et de mauvaise foi, mais
Stagg pense qu’il fera mauvais temps.
Et
quoi d’autre ? Eh bien rien d’autre,
il s’agit de la totalité
du film. Sans la patte hollywoodienne
qui consiste à te proposer des
personnages monolithiques et manichéens
avec une mise en scène générique
faite de gros plans sur des visages seuls
dans un grand flou, cette histoire se
regarderait, mais elle pâtit des
mêmes erreurs que d’autres
opérations militaires, «
Imitation game » ou « Mincemeat
», qui pourraient être des
films subtils et intelligents, mais ce
n’est pas le choix qui a été
fait.
PS
: Eisenhower prononce son célèbre
discours « you are about to embark
upon the great crusade » sur Spiegel
im Spiegel d’Arvo Pärt.