accueil

autres chroniques


Pressure


Anthony Maras 

- 2026 -



Le film commence par la répétition incroyablement ratée du débarquement en Normandie, fin avril 44, qui se solde par des centaines de morts et qui inspira ces mots à Eisenhower dont tu ne douteras évidemment pas de la véracité : « Fuck me ».

Le 2 juin, Stagg débarque au QG du commandant en chef du corps expéditionnaire allié, ici joué par l’ineffable Brendan Fraser, qui lui dit en substance que le débarquement est prévu pour le 5 alors il a intérêt à ne pas se tromper sur la météo.

Stagg est le génie rigide dont l'armée a besoin tout en supportant mal sa personnalité et sa manière de penser, notamment deux figures d’antagonistes simplistes aux contours bien définis : l’arrogant Irving Krick et l’arrogant Bernard Montgomery (ce dernier étant d’ailleurs joué par Damian Lewis qui te rappellera sans doute ce que la guerre a de mieux à nous offrir : « Band of brothers »).

Les deux lascars veulent que le débarquement ait lieu le 5 juin pour des raisons qui pourraient se défendre si elles n’étaient pas enrobées de manipulation et de mauvaise foi, mais Stagg pense qu’il fera mauvais temps.

Et quoi d’autre ? Eh bien rien d’autre, il s’agit de la totalité du film. Sans la patte hollywoodienne qui consiste à te proposer des personnages monolithiques et manichéens avec une mise en scène générique faite de gros plans sur des visages seuls dans un grand flou, cette histoire se regarderait, mais elle pâtit des mêmes erreurs que d’autres opérations militaires, « Imitation game » ou « Mincemeat », qui pourraient être des films subtils et intelligents, mais ce n’est pas le choix qui a été fait.

PS : Eisenhower prononce son célèbre discours « you are about to embark upon the great crusade » sur Spiegel im Spiegel d’Arvo Pärt.