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Et quelques belges avec
un très fort accent

Pour le maillot jaune
Jean Stelli (1940)

 

Alors que le tour de France est sur le point de s’élancer du Vésinet, le 10 juillet 1939, souvenez-vous, Albert Brégeon (c’est Albert Préjean, ils ne sont pas allés bien loin pour le nom), vainqueur de l’édition précédente, se la coule douce en charmante compagnie de l’autre côté du pays.

Parce que si Brégeon a les muscles, il n’a plus la tête à ça et souffre du manque de finalité des grands vainqueurs. Finalement, à quoi bon forcer dans le Galibier quand on a déjà tout gagné ?

Heureusement qu’une journaliste remettra de l’ordre dans sa caboche. Il s’agit de Colette Monnier (c’est Meg Lemmonier, ils ne sont pas allés bien loin pour le nom), une néophyte envoyée malgré elle couvrir la grande boucle.

Parce que oui, vous l’avez compris, « Pour le maillot jaune » est une comédie romantique avec un seul ressort scénaristique : Brégeon, dépressif, au bout du rouleau et fataliste, tente à moult reprises d’abandonner, mais piqué dans son orgueil par la journaliste impertinente, sans doute séduite par la faiblesse du champion déchu, il renfourche sa bicyclette et se lance à la poursuite de quelques belges avec un très fort accent qui tentent vaille que vaille de remporter la course.

Et la morale de cette belle histoire est que dans la vie, quand on est modeste, loyal et courageux, on finit toujours par gagner. Mazette !

 Pause fraîcheur à la fontaine de Salon.