Alors
que le tour de France est sur
le point de s’élancer
du Vésinet, le 10 juillet
1939, souvenez-vous, Albert
Brégeon (c’est
Albert Préjean, ils ne
sont pas allés bien loin
pour le nom), vainqueur de l’édition
précédente, se
la coule douce en charmante
compagnie de l’autre côté
du pays.
Parce
que si Brégeon a les
muscles, il n’a plus la
tête à ça
et souffre du manque de finalité
des grands vainqueurs. Finalement,
à quoi bon forcer dans
le Galibier quand on a déjà
tout gagné ?
Heureusement
qu’une journaliste remettra
de l’ordre dans sa caboche.
Il s’agit de Colette Monnier
(c’est Meg Lemmonier,
ils ne sont pas allés
bien loin pour le nom), une
néophyte envoyée
malgré elle couvrir la
grande boucle.
Parce
que oui, vous l’avez compris,
« Pour le maillot jaune
» est une comédie
romantique avec un seul ressort
scénaristique :
Brégeon, dépressif,
au bout du rouleau et fataliste,
tente à moult reprises
d’abandonner, mais piqué
dans son orgueil par la journaliste
impertinente, sans doute séduite
par la faiblesse du champion
déchu, il renfourche
sa bicyclette et se lance à
la poursuite de quelques belges
avec un très fort accent
qui tentent vaille que vaille
de remporter la course.
Et
la morale de cette belle histoire
est que dans la vie, quand on
est modeste, loyal et courageux,
on finit toujours par gagner.
Mazette !
Pause fraîcheur
à la fontaine de Salon.