Robert
Plant est l'ancien chanteur
de Led Zeppelin. Et s'il y en
a encore qui ne le savent pas,
ce n'est pas très important
et ils peuvent aborder cet album
sans problème. Ce sera
même une bonne chose.
Surtout si en bonus (ou malus,
c'est à voir) ils ne
connaissent pas Led Zeppelin.
Maintenant pour ceux qui sont
des vrais fans et savent tout
de la discographie de Ledzep,
ça me paraît un
handicap avant d'aborder cet
album de la mémère
blondinette du hard-rock d'antan.
Car en effet ils risquent bien
sûr de faire immanquablement
le parallèle et, qui
plus est, se trouver quelque
peu coincés par l'encore
imposante image du groupe. Du
coup, dénigrer cet album
leur sera bien sûr impensable
vu que Papa Plant a fait partie
du monumental dirigeable dont
il faudrait être sourd
ou avoir des goûts de
chiottes pour dire du mal de
lui et par voie de conséquence
de toutes ses mouvances qu'elles
soient de Plant, Page ou Jones...
Enfin, ce sont les fans qui
le disent, bien sûr.
Mais oublions le gros Zep et
intéressons-nous uniquement
à Plant, même si
dans les albums de l'époque
où il officiait dans
cette grosse chose souvent indigeste,
il avait le don de m'agacer
avec sa manie hardroqueuse de
s'asseoir sur des oursins pour
trouver le feeling alors que
s'il s'était assis sur
le rebord du monde, il aurait
pu voir ce que les hommes en
ont fait, bien qu'en fin de
compte, je me demande si cela
eut été une meilleure
chose.
Du coup, comme je n'attendais
pratiquement rien de l'écoute
de ce disque, j'avoue ne pas
avoir été déçu.
Au contraire, j'ai été
agréablement étonné.
Plant chante correctement. Il
fait preuve souvent de feeling
même si sa voix manque
un peu de, disons, sensualité.
L'ensemble navigue agréablement
entre blues-rock, clins d'oeil
à la musique arabisante,
pop musclée, un peu d'electro
et bien sûr quelques petites
réminiscences zeppeliniennes.
Tout en restant attaché
à ses racines, Plant
se la joue résolument
moderne. Production hyper-léchée,
arrangements pleins de finesse,
petite ballade folkorisante
de bon goût, punch et
guitares viriles.
Bref, un bel album de rock sans
trop de titres mineurs (et sans
hit non plus, c'est un peu dommage)
ni esbroufe. Et une bonne surprise
et un disque sûrement
bien meilleur que les autres
parutions post-zeppelinesques
(ou niennes) des trois gars.