Un
jour tout se dérégla
dans cette belle machine bien
huilée qui semblait tourner
à plein régime
et nommée Pink Floyd.
Waters qui menait le groupe
de main de maître depuis...
(et même de plus loin),
décida de larguer ses
acolytes arguant du fait que
Pink Floyd c'était lui.
Oh, que c'était laid
!
Alors le groupe sombra bien
avant que le fat Waters ne put
le mener vers un point de non
retour où le groupe se
serait perdu quelque part dans
une mégalomanie musicale
faite de choeurs féminins
en transe, de chiens qui aboient,
de vieux qui téléphonent,
d'avions qui s'écrasent,
de boursouflures de toutes sortes,
de textes barbants, d'emphases,
de symphonisme de monoprix et
d'une ridicule prétention.
On l'a échappé
belle !
Le
temps passa alors de procès
en procès dans le but
de connaître enfin à
qui appartenait le vocable Pink
Floyd dont il serait judicieux
de savoir qu'il ne signifie
pas flamand rose. Finalement
Gilmour, Mason et Wright eurent
le droit de continuer sous le
nom du groupe. Pourquoi pas
après tout ? C'est bien
eux qu'on voit sur la vidéo
live à Pompei.
"A
momentary lapse of reason"
arriva donc quatre ans après
le dernier album du Pink Floyd
de Waters comme une sorte de
Gilmour's Pink Floyd (avec le
cas possessif et malheureusement
sans le "cas" Waters).
Cet album est donc un album
solo de Gilmour qui ne dit pas
son nom tout en s'appelant "Pink
Floyd" avec Mason, un mec
assez sympathique qui taquine
ses fûts en souriant.
On trouve un peu aussi Wright
(décédé
depuis, c'est bien triste).
On a fait appel, en outre, pour
mener à bien cettte oeuvre
gigantesque à une armada
de musiciens dont certains sont
assez inattendus dans un tel
contexte musical (notamment
Bill Payne à l'orgue
ou Carmine Appice aux caisses).
L'intérêt
de cet album réside dans
le fait que Gilmour s'y montre
encore un guitariste inspiré
comme dans les albums où
il jouait avec Waters (oui,
celui qui est parti). Malheureusement,
sans Waters pour composer, ce
n'était plus vraiment
ça. C'était même
un peu juste et souvent assez
quelconque. L'absence de Waters
pèse donc dans cette
oeuvre plutôt moyenne.
Et je pense que l'on peut affirmer
à cet instant de cette
belle chronique, permets que
je me cite :
Pink Floyd sans Waters n'était
plus Pink Floyd.
On
trouve en outre un banal "Learning
to fly" sûrement
pas digne d'un tel groupe (mais
le clip était beau à
regarder). "A new machine"
véhicule un vide angoissant
et les trois Floyd, pas pingres,
nous en balancent, en sus, deux
parties. Merci les gars ! Quant
à "Terminal frost",
c'est une de ces médiocrités
qu'on pensait réservées
aux albums solo de Gilmour sortis
sous son nom. On peut même
se demander à l'écoute
de cette banalité si
c'était vraiment nécessaire
de batailler de la sorte pour
garder le nom de Pink Floyd.
Alors,
on essaie de combler le vide
en faisant appel à un
roi de la production (Ezrin)
et en se laissant aller à
un son qui fait du mal à
l'album et en date la presque
totalité. On ressort
aussi un peu tous les clichés
de l'ancien Pink Floyd (celui
avec Gilmour, Waters, Wright
et Mason... mais sans Barrett).
Et pour faire bonne mesure le
Pink Floyd nouveau (ancien)
nous ressort ces interventions
agaçantes au saxophone
comme pour rappeler le temps
béni de "Dark side
of the moon" ou bien l'épuisante
deuxième partie de "Shine
on you crazy diamond".
On balance aussi pendant qu'on
y est et qu'on s'appelle Pink
Floyd (après tout on
a le droit) une petite intro
très floydienne (si l'on
peut dire) nommée "Signs
of life" qu'on aimerait
voir finir à peine commencée.
De plus Gilmour se la joue Waters
dans "Dogs of war".
Sacrément traumatisé
le bonhomme !
Finalement,
il n'y a pas grand chose à
sauver de l'album à part
"On the turning away"
qui aurait pu figurer aussi
bien sur "The wall"
et les intéressants "Yet
another movie" et "Sorrow"
comme pour rappeler que Pink
Floyd ça peut être
aussi du rock.
A
l'époque, avant cet album,
on pouvait se demander si Pink
Floyd pouvait survivre sans
Waters et par la même
occasion si ce dernier pouvait
en faire de même sans
le groupe. Aujourd'hui on ne
se pose plus la question. Cet
album, le "The division
bell" du même tonneau
ainsi que le quelconque siuvant
et les albums solos de nos compères
(moyens pour Waters, Gilmour
et Wright... celui de Mason
n'avait de lui que le nom) prouvent
que Pink Floyd n'avait existé
(un temps) qu'avec ses quatre
membres.
_____________________________________________________________________________
l'image
du jour
_____________________________________________________________________________
Roger
Waters est furax !

- Hé mec,
c'est toi qu'as crié
: "David on t'aime
!!!" ?
|