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CHRONiQUES MUSiCALES

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Avec beaucoup
de pêche

Jimmy Page & The Black Crowes
Live At The Greek (2000)


D'un côté de la scène Jimmy Page. Oui, celui du Ledzep d'antan. Avec sa gratte magistrale et prêt à nous terrasser encore une fois avec ses riffs tueurs.

De l'autre, les Black Crowes. Excités et boostés par l'enjeu. Bourrés d'énergie et comme s'ils allaient crever à la fin de leur set.

Led Zeppelin a laissé un héritage. Nos lascars, sous la tutelle de l'ex-guitariste du célèbre groupe, se l'accaparent. C'est sûr qu'ils ont tout compris du dirigeable plombé !

A cent à l'heure et avec beaucoup de pêche, le vieux (pas tant que ça) Page et les corbeaux (plus jeunes) jouent beaucoup du Zep d'antan. Du moins parmi le plus fort.

Encore dans les starting-blocks, ils nous jettent à la gueule un "Celebration day" qui annonce la couleur. Puis ça défile à tout berzingue. Voyez plutôt, et entre autres titres dévastateurs : "Nobody's fault but mine", "Whola lotta love", "In my time of dying" ou "Ten years gone". Enormes et définitifs. Reliftés aussi. Bourrés de guitares destructrices. Débordants d'une urgence et une puissance inouïes.

En plus ils nous proposent en bonus quelques vieilleries inusables. Notamment un viril "Oh well" de Peter Green ou un blues bien rapeux comme "Woke up this morning", irrémédiable et particulièrement ravagé.

Le chanteur Chris Robinson ne se la joue pas forcément néo-Plant. Sans aller aussi haut dans les aïgus que son illustre ainé, il assure. Les guitaristes Rich Robinson et Audley Freed, nerveux et pressés, décuplent le son. Derrière ses caisses, Steve Gorman fait presque oublier le génial Bonham.

La musique, portée à son paroxysme jadis par Led Zeppelin, ressuscite ici avec ces corbeaux noirs et un Page agressif en diable, sûrement transcendé par l'évènement, balançant ses solos fiévreux comme autant de claques au metal d'aujourd'hui.

A travers cet intéressant live, Page et les Crowes, maîtres du jeu, l'affirment tout haut : le rock and roll ne meurt jamais !