D'un
côté de la scène
Jimmy Page. Oui, celui du Ledzep
d'antan. Avec sa gratte magistrale
et prêt à nous
terrasser encore une fois avec
ses riffs tueurs.
De
l'autre, les Black Crowes. Excités
et boostés par l'enjeu.
Bourrés d'énergie
et comme s'ils allaient crever
à la fin de leur set.
Led
Zeppelin a laissé un
héritage. Nos lascars,
sous la tutelle de l'ex-guitariste
du célèbre groupe,
se l'accaparent. C'est sûr
qu'ils ont tout compris du dirigeable
plombé !
A
cent à l'heure et avec
beaucoup de pêche, le
vieux (pas tant que ça)
Page et les corbeaux (plus jeunes)
jouent beaucoup du Zep d'antan.
Du moins parmi le plus fort.
Encore
dans les starting-blocks, ils
nous jettent à la gueule
un "Celebration day"
qui annonce la couleur. Puis
ça défile à
tout berzingue. Voyez plutôt,
et entre autres titres dévastateurs
: "Nobody's fault but mine",
"Whola lotta love",
"In my time of dying"
ou "Ten years gone".
Enormes et définitifs.
Reliftés aussi. Bourrés
de guitares destructrices. Débordants
d'une urgence et une puissance
inouïes.
En
plus ils nous proposent en bonus
quelques vieilleries inusables.
Notamment un viril "Oh
well" de Peter Green ou
un blues bien rapeux comme "Woke
up this morning", irrémédiable
et particulièrement ravagé.
Le
chanteur Chris Robinson ne se
la joue pas forcément
néo-Plant. Sans aller
aussi haut dans les aïgus
que son illustre ainé,
il assure. Les guitaristes Rich
Robinson et Audley Freed, nerveux
et pressés, décuplent
le son. Derrière ses
caisses, Steve Gorman fait presque
oublier le génial Bonham.
La
musique, portée à
son paroxysme jadis par Led
Zeppelin, ressuscite ici avec
ces corbeaux noirs et un Page
agressif en diable, sûrement
transcendé par l'évènement,
balançant ses solos fiévreux
comme autant de claques au metal
d'aujourd'hui.
A
travers cet intéressant
live, Page et les Crowes, maîtres
du jeu, l'affirment tout haut
: le rock and roll ne meurt
jamais !