A
Koker, un incroyable hameau de l’arrière-pays
iranien, le petit Mohammad se fait sermonner
par un instituteur pas commode parce qu’il
n’a pas fait ses devoirs sur son
cahier, quand bien même la consigne
aurait été répétée
trois fois. L’instituteur intransigeant
lui dit alors que s’il n’a
pas fait ses devoirs sur son cahier le
lendemain, il sera renvoyé.
Après les cours, son voisin de
table, Ahmad, se rend compte qu’il
a pris par inadvertance le cahier de l’infortuné
Mohammad. Afin que ce dernier ne se fasse
pas virer, Ahmad décide de retrouver
la maison de son ami qui se trouve à
Pochteh, un autre incroyable hameau de
l’arrière-pays iranien.
Comme
Ahmad a huit ans et qu’il s’est
débiné sans l’accord
de sa mère également intransigeante
et qui a l’air aussi peu aimable
qu’intéressée que
compréhensive, son périple
deviendra ce voyage initiatique dont tu
raffoles tant.
«
Où est la maison de mon ami ? »
est l’inverse de ces films où
des inconnus bienveillants aident leur
prochain en souriant et prodiguent quelques
bons conseils.
Ici,
à Koker ou à Pochteh, l’adulte
aussi sévère que fermé
qu’indifférent te néglige
et te méprise, soucieux simplement
d’un quotidien monotone et fastidieux
ou purement mercantile.
Il
n’y a pas d’altruisme dans
l’arrière-pays et c’est
tout juste si le petit Ahmad ne se prend
pas des coups en passant. Les enfants
ne sont ici qu’outils et rouages
d’un système figé
dans des traditions autoritaires où
l’obéissance s’apprend
par la raclée, une fois toutes
les deux semaines, comme l’explique
le grand-père qui, à force
de s’en prendre, a perdu le sens
des réalités.
Ahmad
est le seul charitable et pur dans son
monde rigoriste, finalement guidé
vers son autonomie par le maître
spirituel ébéniste.
Non mais regarde cette scène !