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Où est la
maison de mon ami ?


Abbas Kiarostami

- 1987 -



A Koker, un incroyable hameau de l’arrière-pays iranien, le petit Mohammad se fait sermonner par un instituteur pas commode parce qu’il n’a pas fait ses devoirs sur son cahier, quand bien même la consigne aurait été répétée trois fois. L’instituteur intransigeant lui dit alors que s’il n’a pas fait ses devoirs sur son cahier le lendemain, il sera renvoyé.

Après les cours, son voisin de table, Ahmad, se rend compte qu’il a pris par inadvertance le cahier de l’infortuné Mohammad. Afin que ce dernier ne se fasse pas virer, Ahmad décide de retrouver la maison de son ami qui se trouve à Pochteh, un autre incroyable hameau de l’arrière-pays iranien.

Comme Ahmad a huit ans et qu’il s’est débiné sans l’accord de sa mère également intransigeante et qui a l’air aussi peu aimable qu’intéressée que compréhensive, son périple deviendra ce voyage initiatique dont tu raffoles tant.

« Où est la maison de mon ami ? » est l’inverse de ces films où des inconnus bienveillants aident leur prochain en souriant et prodiguent quelques bons conseils.

Ici, à Koker ou à Pochteh, l’adulte aussi sévère que fermé qu’indifférent te néglige et te méprise, soucieux simplement d’un quotidien monotone et fastidieux ou purement mercantile.

Il n’y a pas d’altruisme dans l’arrière-pays et c’est tout juste si le petit Ahmad ne se prend pas des coups en passant. Les enfants ne sont ici qu’outils et rouages d’un système figé dans des traditions autoritaires où l’obéissance s’apprend par la raclée, une fois toutes les deux semaines, comme l’explique le grand-père qui, à force de s’en prendre, a perdu le sens des réalités.

Ahmad est le seul charitable et pur dans son monde rigoriste, finalement guidé vers son autonomie par le maître spirituel ébéniste.




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