J'avoue ne pas beaucoup aimer
la majorité des albums
de Mike Oldfield. Que ce soit
lorsqu'il nous balance des petites
chansons pop à deux balles,
des longues suites sans queue
ni tête ou la millième
version de ses sempiternelles
cloches tubulaires entre vide
créatif et complaisance.
Avec
"Ommadawn" il s'agit
d'autre chose. Et Oldfield atteint
le niveau supérieur avec
cet album plus sincère.
Cette oeuvre se présente
sous la forme de deux longues
suites proches de la musique folklorique
britannique (bien sûr) avec
une sympathique petite chanson
bonus non créditée
sur la pochette ("On horseback")
pour termine l'album.
Deux longues suites, encore, me
dirais-tu ? Certes mais deux suites
bien construites. Avec une réelle
identité et une certaine
unité. Sans que cela fasse
collage factice et lourdingue
comme d'habitude chez cet artiste
plutôt surestimé.
Oldfield y joue comme d'habitude
de différents instruments.
Vois plutôt : harp, electric
guitars, acoustic & electric
basses, acoustic, 12-string &
classical guitars, bodhran, bouzouki,
banjo, spinet, grand piano, electric
organs, synthesizers, glockenspiel
et percussion. Il y chante aussi
pendant qu'il y est.
On y trouve quelques musiciens
comme Herbie Northumbrian (bagpipes),
Terry Oldfield (pan pipes), Pierre
Moerlen (timpani), David Strange
(cello), Don Blakeson (trumpet),
Willliam Murray (percussion),
Julian Hahula, Ernest Mothle,
Lucky Ranku, Eddie Tatane (African
drums) et des choristes... mais
pas de raton-laveur !
Oldfield évolue dans ce
style qui lui est propre. Avec
une grande maîtrise et beaucoup
d'originalité. Une certaine
fluidité aussi. Un rien
de mélancolie dans des
pièces qui se découvrent
à la longue et ne dégageant
aucune lassitude malgré
leur longueur excessive ("Ommadawn
Part 1" faisant plus de 19
minutes et "Ommadawn Part
2" plus de 13).
Moins démonstratif que
"Tubular Bells" (le
premier épisode bien sûr)
cet album mérite autant
de considération si ce
n'est plus. Personnellement je
préféré celui-ci
car moins racoleur, plus introverti
et assez mélodieux.