Cette
année-là, en plus
d'être celle du basset
du Gévaudan, fut aussi
celle de la sortie du nouvel
album d’un groupe de par
chez nous fort judicieusement
appelé "Oiseaux-Tempête",
comme le nom d’un bateau
qui avance, perdu dans un océan
noir et tourmenté où
les poissons chantent en cœur,
les crevettes crient olé,
olé olé...
- T’es sûr ?
- Bon, d’accord, t’as
raison, c’est peut-être
pas ça, d’autant
plus qu’Oiseaux-Tempête,
c’est mélancolique,
mais tout dans le positif car
la mélancolie c’est
le bonheur d’être
triste comme le disait Christophe
Maé à moins que
ce soit Victor Hugo, l’inoubliable
auteur de "Quatre-vingt-treize",
un bouquin sur l’année
93, la plus belle car ce fut
celle de la sortie de "Zooropa"
de U2, le Mozart de la beaufitude.
Bref, pas loin d’un Low
couillu qui aurait pris des
guitares plus viriles au rock
alternatif et mis une rythmique
un rien lourdingue, ou d’un
Godspeed You! Black Emperor
plus rock et plus psyché,
Oiseaux-Tempête, entre
moments de fièvre et
d’introspection, sait
créer des atmosphères
plutôt prenantes, d’ailleurs,
elles me prennent là,
même si tu ne me vois
pas pendant que j’écoute
cette œuvre où,
force est de le constater, c’est
quand même parfois un
peu laborieux (trop de passages
parlés).
Et cet album n’est pas
un autre disque d’un post-rock
devenu lieu de stéréotypes.
Il dégage, entre bouillonnement
et apaisement, une réelle
identité et c’est
une bonne chose car c’est
de l’identité qu’est
née la différence
comme le disait l’autre.