ACCUEiL

disques

CHRONiQUES MUSiCALES

AUTRES

La plus longue !

Nihilistic Trepanation
Morbid Holocaust (2026)


Aujourd'hui, cher ami lecteur, après avoir raté de peu de battre l'autre fois (voir ICI) le record du monde de la chronique de disque la plus longue, pugnace, j'essaie de réussir cette fois...

T’es prêt ? Alors, allons-y, c’est parti !

 

Dans la série des disques que j'emporterais sur une île déserte avec une super nana quand même voici aujourd'hui la première oeuvre enregistrée par trois gars bien de chez nous dans l'ancienne grange du père Cogneboeuf (celui qui depuis qu'il a entendu les répétitions du groupe a pété les plombs et canarde les corbeaux avec son tromblon du matin au soir qu'il pleuve ou qu'il vente... quand il neige aussi).

Cette auto-production a été financée par la coopérative laitière de Peyral-le-Jonc. Elle a été conçue donc dans la vieille bâtisse (en anglais, on appelle ça un home-studio) qui se trouve sur la route du bois du diable après la faïsse du père Foiedeboeuf. Même que pour y aller il faut un 4x4 car le chemin est envahi de bouses de vaches...

A cet instant, arrêtons-nous un peu, cher sympathique lecteur mais néanmoins ignare, que je t'explique le mot quelque peu abscons de "faïsse" qu'il ne faut pas prononcer "fesse" et qui se trouve écrit quelques lignes plus haut.

Eh bien, une faïsse, de l'occitan "faissa" qui signifie "terrasse de terre cultivale bordée par un mur de retenue en pierre sèche" fut inventée vers à la fin du XVI° siècle par le péreyrein Eustache-Florimont Combeboeuf qui une fois son oeuvre achevée se bouffa quelques comballes qu'il avait au préalable entreposées dans la poche de sa veste puis rentra cher lui satisfait de son travail en sifflotant "La montagne" de Ferrat, je t'en chante pas un passage, là, je suis à la bourre...

A cet instant, arrêtons-nous un peu, cher sympathique lecteur mais néanmoins ignare, afin que je t'explique le mot "comballe" qui peut paraître quelque peu abscons, ma foi.

Eh bien, la comballe est une variété traditionnelle de fruits du châtaignier (Castanea sativa en espéranto). Elle tire son nom de "Combe" du début du nom de son créateur, cité deux paragraphes ci-dessus, inventeur prolifique, sorte de Léonard De Vinci ardéchois qui mit aussi au point l'ouvre-bogue à propulsion nucléaire thermique dont personne n'a jamais réussi à se servir.

Mais, ne perdons pas le fil ténu de notre propos : Nihilistic Trepanation, c'est d'abord une pochette que j'ai préféré ne pas imposer à mes lecteurs les plus sensibles. A la place j'ai mis un joli champ de jonquilles en Haut-Ardèche pas loin de l'endroit où le groupe prépare ses fulgurances avec d'abord comme membre du groupe le surnommé Herpes667... Pourquoi "667" ? Parce que 666, c'était déjà pris. Herpes667 hurle comme un dératé d'une voix assez originale, limite insupportable, fruit de nombreuses nuits passées à se biturer la gueule en haut du Suc de Lucifer à grand renfort de myro en criant tel un possédé des chansons de Vincent Delerm. Après il est allé brûler une ou deux églises pour se réchauffer...

A cet instant, laissons ce brave Herpes667 et arrêtons-nous un peu, cher sympathique lecteur mais néanmoins ignare, afin que je t'explique le mot "myro" qui peut paraître quelque peu abscons, ma foi.

Eh bien, le myro est un apéro qui mélange judicieusement de la crème de myrtille des montagnes d'Ardèche, ce beau pays, et du vin rosé, à raison d'une dose de crème pour sept doses de vin. Il fut inventé au XIX° siècle dans le bistro "Au joyeux bituré" par Régis-Théobalde Trouilleboeuf un soir qu'il n'en pouvait plus de vivre dans son putain de triste village de Saint-Bourg-lès Bouses, j'y suis allé et crois-moi, même aujourd'hui, c'est à se flinguer.

Mais, revenons à nos virtuoses du génial Nihilistic Trepanation. On y trouve aussi dans le groupe l'excellent Cryptic Sperm. Il tape de la main gauche sur une grosse caisse et de la droite joue d'une vieille Stratocaster d'occasion ayant appartenu au lead-guitar d'un groupe de prog ardéchois des années 70 nommé Maurice Jacotey. Pourquoi deux instruments me dirais-tu ? Eh bien, la Haute-Ardèche étant à peine plus peuplée que le désert de Gobi, trouver un musicien de rock et qui plus est de metal extrême est aussi difficile que d'écouter un bon album de néo-prog. Mais, pourquoi jouer de la grosse caisse de la main gauche ? surenchérirais-tu (difficile à dire). Eh bien, c'est simple, comme Cryptic Sperm est gaucher, il a donné la priorité à la caisse. La musique de Nihilistic Trepanation étant à priori un cri doublé d'un charivari effroyable, l'important pour Cryptic Sperm est selon ses propres mots de faire, je cite : "Du boucan, encore du boucan... euh... toujours du boucan !"

Le troisième musicien du groupe est Dark Fonolith, qui joue de la pierre phonolite en tapant dessus avec ses mains équipées de gants de boxe...

Mais qu'est donc que c'est une "pierre phonolite" me dirais-tu, cher sympathique lecteur mais néanmoins encore ignare ?

Eh bien, la "pierre phonolite" est une roche plutôt moche magmatique volcanique à structure microlithique fluidale composée de feldspath, de feldspathoïde et d'une pâte de verre peu abondante. Elle fut découverte il y a quelques temps déjà par le chercheur albenassien Louis-Isidore Masseboeuf alors qu'il promenait sur le plateau en quête de champignons. Puis, fatigué, il déclara en rentrant chez lui, cette phrase restée célèbre : je me boufferais bien une bonne bombine...

A cet instant de cette déjà longue mais superbe chronique, arrêtons-nous encore un peu (oui, je sais ça fait un peu trop mais faut meubler), re-cher sympathique lecteur mais néanmoins re-ignare qu je t'explique aussi, pendant qu'on y est, ce mot assez abscons appelé "bombine".

Il s'agit un plat à base de pommes de terre coupées en gros dés et de carottes en rondelles auxquelles s'ajoutent de la poitrine salée en petits lardons, des oignons émincés, le tout étant mis à rissoler dans une cocotte. Cette superbe recette fut inventée il y a quelques temps déjà par la burzetine Mauricette Ruteboeuf alors qu'elle ne savait plus quoi préparer pour le dîner. Puis, fatiguée, elle ne déclara pas avant d'aller faire la sieste une phrase qui aurait pu restée célèbre, dommage.

Mais, revenons à nos black-metalleux de Nihilistic Trepanation et l'un d'entre eux, soit le surnommé Dark Fonolith, sorte de pionnier de la percussion, artiste original et innovateur qui propose ainsi un son nouveau dans le metal extrême démarquant nos musiciens des autres groupes du genre. Nihilistic Trepanation fait donc, selon ses propres dires : "du black phonolite metal extrême rural. Enfin, un truc couillu sûrement pas pour des gonzesses".

Dans cet album, Nihilistic Trepanation propose cinq titres très percutants, avec un son monstrueux, limite inaudible. Mais avec en sus et de façon sous-jacente cette délicatesse et ce rien de poésie sans lesquelles le metal extrême ne serait qu'un vulgaire tohu-bohu.

J'aime particulièrement "Darkness in the guts of the pig", titre tout en sensibilité inspiré à Herpes667 par la tuade récente du cochon dans la ferme de son oncle Jules qui se trouve pas loin de l'authentique source de la Loire à côté du tas de fumier. Il y a aussi un instrumental nommé "Apocalypse Erection" où Dark Fonolith propose un solo phonolite de plus de 17 minutes jamais lassant, plein de finesse (chose pas forcément courante dans le metal extrême) et fracassant. Très beau et prenant bien que ça fasse super mal aux oreilles. "Infernum apocalypsum", le bien nommé, raconte les angoisses du groupe face à la dérive du monde. "Where are we going ?" s'interroge, désespéré, Herpes667 à la fin du titre même si l'on ne comprend pas vraiment ce qu'il hurle. Heureusement que les paroles sont écrites sur la pochette, même s'il est difficile de les lire avec cette écriture gothique à la con. "Ejaculator precocum" est le plus court des titres. Il dure 59 secondes. Bref et intense. Mais c'est peu pour prendre un réel plaisir. Une petite anecdote à propos de ce titre : Herpes667 a enregistré les vocaux quelques minutes après s'être pris les burettes dans le putain de portail qui mène au home-studio suite à une malencontreusement glissade sur une bouse. Ceci pouvant justifier peut-être la durée minime du morceau et l'aspect impressionnant du titre, comme l'expression tangible d'un véritable cri de douleur. "Dark Carnage Of the Mummified Perversion", titre épique s'il en est, termine en beauté et dans le bruit et la fureur cet extraordinaire album que tu réécouteras immédiatement si tu n'es pas devenu sourd...

 

Ouais, ça y est !! J'ai réussi largement à battre le record de la chronique de disque la plus longue et c'est sûr qu'il sera difficile de faire mieux !