Aujourd'hui,
cher ami lecteur, après avoir
raté de peu de battre l'autre
fois (voir ICI)
le record du monde de la chronique de
disque la plus longue, pugnace, j'essaie
de réussir cette fois...
T’es
prêt ? Alors, allons-y, c’est
parti !
Dans
la série des disques que
j'emporterais sur une île déserte
avec une super nana quand même
voici aujourd'hui la première
oeuvre enregistrée par trois
gars bien de chez nous dans l'ancienne
grange du père Cogneboeuf (celui
qui depuis qu'il a entendu les répétitions
du groupe a pété les plombs
et canarde les corbeaux avec son tromblon
du matin au soir qu'il pleuve ou qu'il
vente... quand il neige aussi).
Cette
auto-production a été
financée par la coopérative
laitière de Peyral-le-Jonc. Elle
a été conçue donc
dans la vieille bâtisse (en anglais,
on appelle ça un home-studio)
qui se trouve sur la route du bois du
diable après la faïsse
du père Foiedeboeuf. Même
que pour y aller il faut un 4x4 car
le chemin est envahi de bouses de vaches...
A
cet instant, arrêtons-nous un
peu, cher sympathique lecteur mais néanmoins
ignare, que je t'explique le mot quelque
peu abscons de "faïsse"
qu'il ne faut pas prononcer "fesse"
et qui se trouve écrit quelques
lignes plus haut.
Eh
bien, une faïsse, de l'occitan
"faissa" qui signifie "terrasse
de terre cultivale bordée par
un mur de retenue en pierre sèche"
fut inventée vers à la
fin du XVI° siècle par le
péreyrein Eustache-Florimont
Combeboeuf qui une fois son oeuvre achevée
se bouffa quelques comballes
qu'il avait au préalable entreposées
dans la poche de sa veste puis rentra
cher lui satisfait de son travail en
sifflotant "La montagne" de
Ferrat, je t'en chante pas un passage,
là, je suis à la bourre...
A
cet instant, arrêtons-nous un
peu, cher sympathique lecteur mais néanmoins
ignare, afin que je t'explique le mot
"comballe" qui peut paraître
quelque peu abscons, ma foi.
Eh bien, la comballe est une variété
traditionnelle de fruits du châtaignier
(Castanea sativa en espéranto).
Elle tire son nom de "Combe"
du début du nom de son créateur,
cité deux paragraphes ci-dessus,
inventeur prolifique, sorte de Léonard
De Vinci ardéchois qui mit aussi
au point l'ouvre-bogue à propulsion
nucléaire thermique dont personne
n'a jamais réussi à se
servir.
Mais,
ne perdons pas le fil ténu de
notre propos : Nihilistic Trepanation,
c'est d'abord une pochette que j'ai
préféré ne pas
imposer à mes lecteurs les plus
sensibles. A la place j'ai mis un joli
champ de jonquilles en Haute-Ardèche
pas loin de l'endroit où le groupe
prépare ses fulgurances avec
d'abord comme membre du groupe le surnommé
Herpes667... Pourquoi "667"
? Parce que 666, c'était déjà
pris. Herpes667 hurle comme un dératé
d'une voix assez originale, limite insupportable,
fruit de nombreuses nuits passées
à se biturer la gueule en haut
du Suc de Lucifer à grand renfort
de myro en criant tel
un possédé des chansons
de Vincent Delerm. Après il est
allé brûler une ou deux
églises pour se réchauffer...
A
cet instant, laissons ce brave Herpes667
et arrêtons-nous un peu, cher
sympathique lecteur mais néanmoins
ignare, afin que je t'explique le mot
"myro" qui peut paraître
quelque peu abscons, ma foi.
Eh
bien, le myro est un apéro qui
mélange judicieusement de la
crème de myrtille des montagnes
d'Ardèche, ce beau pays, et du
vin rosé, à raison d'une
dose de crème pour sept doses
de vin. Il fut inventé au XIX°
siècle dans le bistro "Au
joyeux bituré" par Régis-Théobalde
Trouilleboeuf un soir qu'il n'en pouvait
plus de vivre dans son putain de triste
village de Saint-Bourg-lès-Bouses,
j'y suis allé et crois-moi, même
aujourd'hui, c'est à se flinguer.
Mais,
revenons à nos virtuoses du génial
Nihilistic Trepanation. On y trouve
aussi dans le groupe l'excellent Cryptic
Sperm. Il tape de la main gauche sur
une grosse caisse et de la droite joue
d'une vieille Stratocaster d'occasion
ayant appartenu au lead-guitar d'un
groupe de prog ardéchois des
années 70 nommé Maurice
Jacotey. Pourquoi deux instruments me
dirais-tu ? Eh bien, la Haute-Ardèche
étant à peine plus peuplée
que le désert de Gobi, trouver
un musicien de rock et qui plus est
de metal extrême est aussi difficile
que d'écouter un bon album de
néo-prog. Mais, pourquoi jouer
de la grosse caisse de la main gauche
? surenchérirais-tu (difficile
à dire). Eh bien, c'est simple,
comme Cryptic Sperm est gaucher, il
a donné la priorité à
la caisse. La musique de Nihilistic
Trepanation étant à priori
un cri doublé d'un charivari
effroyable, l'important pour Cryptic
Sperm est selon ses propres mots de
faire, je cite : "Du boucan, encore
du boucan... euh... toujours du boucan
!"
Le
troisième musicien du groupe
est Dark Fonolith, qui joue de la pierre
phonolite en tapant dessus
avec ses mains équipées
de gants de boxe...
Mais
qu'est quoi donc que c'est une "pierre
phonolite" me dirais-tu, cher sympathique
lecteur mais néanmoins encore
ignare ?
Eh
bien, la "pierre phonolite"
est une roche plutôt moche magmatique
volcanique à structure microlithique
fluidale composée de feldspath,
de feldspathoïde et d'une pâte
de verre peu abondante. Elle fut découverte
il y a quelques temps déjà
par le chercheur albenassien Louis-Isidore
Masseboeuf alors qu'il promenait sur
le plateau en quête de champignons.
Puis, fatigué, il déclara
en rentrant chez lui, cette phrase restée
célèbre : je me boufferais
bien une bonne bombine...
A
cet instant de cette déjà
longue mais superbe chronique, arrêtons-nous
encore un peu (oui, je sais ça
fait un peu trop mais faut meubler),
re-cher sympathique lecteur mais néanmoins
re-ignare qu je t'explique aussi, pendant
qu'on y est, ce mot assez abscons appelé
"bombine".
Il
s'agit un plat à base de pommes
de terre coupées en gros dés
et de carottes en rondelles auxquelles
s'ajoutent de la poitrine salée
en petits lardons, des oignons émincés,
le tout étant mis à rissoler
dans une cocotte. Cette superbe recette
fut inventée il y a quelques
temps déjà par la burzetine
Mauricette Ruteboeuf alors qu'elle ne
savait plus quoi préparer pour
le dîner. Puis, fatiguée,
elle ne déclara pas avant d'aller
faire la sieste une phrase qui aurait
pu restée célèbre,
dommage.
Mais,
revenons à nos black-metalleux
de Nihilistic Trepanation et l'un d'entre
eux, soit le surnommé Dark Fonolith,
sorte de pionnier de la percussion,
artiste original et innovateur qui propose
ainsi un son nouveau dans le metal extrême
démarquant nos musiciens des
autres groupes du genre. Nihilistic
Trepanation fait donc, selon ses propres
dires : "du black phonolite metal
extrême rural. Enfin, un truc
couillu sûrement pas pour des
gonzesses".
Dans
cet album, Nihilistic Trepanation propose
cinq titres très percutants,
avec un son monstrueux, limite inaudible.
Mais avec en sus et de façon
sous-jacente cette délicatesse
et ce rien de poésie sans lesquelles
le metal extrême ne serait qu'un
vulgaire tohu-bohu.
J'aime particulièrement "Darkness
in the guts of the pig", titre
tout en sensibilité inspiré
à Herpes667 par la tuade récente
du cochon dans la ferme de son oncle
Jules qui se trouve pas loin de l'authentique
source de la Loire à côté
du tas de fumier. Il y a aussi un instrumental
nommé "Apocalypse Erection"
où Dark Fonolith propose un solo
phonolite de plus de 17 minutes jamais
lassant, plein de finesse (chose pas
forcément courante dans le metal
extrême) et fracassant. Très
beau et prenant bien que ça fasse
super mal aux oreilles. "Infernum
apocalypsum", le bien nommé,
raconte les angoisses du groupe face
à la dérive du monde.
"Where are we going ?" s'interroge,
désespéré, Herpes667
à la fin du titre même
si l'on ne comprend pas vraiment ce
qu'il hurle. Heureusement que les paroles
sont écrites sur la pochette,
même s'il est difficile de les
lire avec cette écriture gothique
à la con. "Ejaculator precocum"
est le plus court des titres. Il dure
59 secondes. Bref et intense. Mais c'est
peu pour prendre un réel plaisir.
Une petite anecdote à propos
de ce titre : Herpes667 a enregistré
les vocaux quelques minutes après
s'être pris les burettes dans
le putain de portail qui mène
au home-studio suite à une malencontreusement
glissade sur une bouse. Ceci pouvant
justifier peut-être la durée
minime du morceau et l'aspect impressionnant
du titre, comme l'expression tangible
d'un véritable cri de douleur.
"Dark Carnage Of the Mummified
Perversion", titre épique
s'il en est, termine en beauté
et dans le bruit et la fureur cet extraordinaire
album que tu réécouteras
immédiatement si tu n'es pas
devenu sourd...
Ouais, ça
y est !! J'ai réussi largement
à battre le record de la chronique
de disque la plus longue et c'est sûr
qu'il sera difficile de faire mieux
!