Mukta est un groupe français
qui faisait (fait ?) du jazz.
Les trois quarts du temps, les
jazzmen français se croient
obligés de nous proposer
des albums pseudo-intellos,
sortes de rencontres improbables
entre la musique de Debussy,
de Coltrane ou de Boulez.
De l'hyper-chiant en quelque
sorte.
Avec Mukta, ce n'est pas le
cas bien sûr.
Le groupe propose un jazz souvent
atmosphérique qui lorgne
vers l'Inde. De belle façon
et très accessible. Ce
qui n'est pas un gage de médiocrité.
Bien au contraire.
On y trouve sitar, tampura,
sanza et aussi une clarinette
basse dont, personnellement,
j'adore le son. Il y a aussi
bien sûr les habituels
instruments que l'on rencontre
dans le jazz. Soit batterie,
basse, percussions et cuivres
(trompette souvent soliste et
flûte). Et les échanges
trompette/sitar sont plutôt
réussis.
Réussissant agréablement
le métissage avec des
sonorités parfois inattendues,
Mukta propose donc un correct
album de jazz d'aujourd'hui.
Pas toujours aventureux, manquant
un peu de volume certes mais
sans collage gratuit et avec
une réelle identité.