Que pouvait-on encore attendre
de McCartney en l'année
2005 qui fut celle, on s'en souvient
tous, de l'holothurie à
poil ras ?
Eh
bien, pas grand chose vu que depuis
plus de trente balais le Popol
nous avait offert du médiocre
à la pelle (et je ne parle
pas du déplorable épisode
"Wings").
Et
que pouvait-on espérer
d'un vieux chanteur qui aurait
pu sans doute prendre sa retraite
bien avant la mort du King, l'inoubliable
interprète de l'émouvant
"Love me tendeur", en
français "Passe-moi
le tendeur", une chanson
sur la difficulté d'arrimer
les valoches sur la galerie de
la bagnole, oui, qu'attendre de
l'ancien Beatle ?
Eh
bien, l'album d'un mec qui aurait
plutôt bien vieilli. Soit
un peu de profondeur. De la retenue.
Du dépouillement aussi.
Et peut-être même
une certaine émotion. Oui,
pourquoi pas ?
Alors, peut-être pour ne
pas passer pour une antiquité
et aussi pour croire ne pas faire
les erreurs du passé, le
Paul s'était entouré
du producteur tendance Nigel Godrich
qui ne lui a pas balancé
des guitares saturées à
la con façon Radiomachin
mais a plutôt dépouillé
le son de l'album. C'est une bonne
chose.
En plus, Sir Mac a mis sur la
pochette une photo de lui en 1962,
comme s'il voulait montrer qu'il
avait retrouvé la fibre
passée. Manque de pot,
c'est un peu raté.
L'ensemble est plutôt sobre.
C'est le point positif de ce disque
qui se trouve être de la
jolie pop sans vulgarité.
Parfois, au fil de quelques titres,
on se croirait presque revenu
au temps des quatre Liverpudlians.
Bref, McCartney faisait du McCartney.
Avec un certain talent pour la
mélodie bien sûr
mais parfois avec quelques chansons
sans réelle consistance.