Magellan
Lav Diaz (2025)
Lav
Diaz est le génie subversif
du cinéma philippin et
c’est aussi un grand résistant
à l’impérialisme
hollywoodien. D’ailleurs
il n’a de cesse de s’affranchir
des règles imposées
outre pacifique. Ainsi ses films
en noir et blanc se jouent des
conventions formelles et durent
d’interminables plombes.
Lav Diaz a le mérite
d’aller au bout de sa
vision, même si celle-ci
peut-être discutable puisqu’elle
ne semble pas être artistique,
mais simplement anti-commerciale
et « pas comme Hollywood
», quitte à ne
pas avoir de finalité
et à t’ennuyer,
qui plus est, ici, en 4/3 à
des fins évidentes de
réalisme car tous les
films ibériques du XVIe
siècle étaient
en 4/3.
D’abord Magellan guerroie
à Malacca, est boiteux
à Lisbonne, Domingos
meurt (qui est Domingos ?),
Magellan est excité lorsque
Beatriz lui masse la jambe (et
elle aussi), puis méprisé
par le roi du Portugal, Magellan
propose à l’Espagne
une nouvelle route maritime.
C’est la première
heure. Et parce que le gars
n’est connu que pour une
seule prouesse, il file de l’autre
côté du monde en
caraque où s’en
suivent dissensions, mutineries,
représailles, têtes
coupées et dos fouettés
puis exactions et christianisation
forcée. J’ignore
si Magellan avait de beaux jours,
mais ce film ne le montre pas
sous son meilleur, même
s’il garde une part d’humanité
en hallucinant sa femme.
« Magellan » est
un film épuré,
mais seulement de 2h45 et en
couleurs, où tout est
figuré par une suite
de plans fixes généralement
trop longs (à la Tarkovski,
mais sans le talent de composition)
et dans lequel Diaz tue le mythe
créé par des colons
ambitieux et cupides d’un
colon ambitieux et cupide lui-même
tué par un mythe.
PS
: Si vous avez du mal à
placer un film de 2h45 dans
votre emploi du temps, essayez
donc de caler les 9h de «
Death in the land of Encantos
» ou les 10h25 de «
Evolution of a filipino family
».
PS2
: Magellan est joué par
l’ineffable Gael Garcia
Bernal.
Diaz n’est pas un grand
cadreur mais il a quelques plans.