Love
hotel
Shinji Somai
(1985)
Tu
sais, car tu aimes le cinéma
japonais des années 80,
que Shinji Somai, élevé
au romantic pornography de chez
Nikkatsu, alias roman porno,
réalisa un film de ce
genre chatoyant :
« Love hotel ».
Tu sais également que
le roman porno, outre les paires
de seins et les corps en nage,
eut un très grand succès
au pays des premières
lueurs et fut surtout un laboratoire
formel.
Au-delà de la simple
règle du « ça
dure moins de 1h20 et il y a
de la fesse toutes les 10 minutes
», les mecs étaient
libres de faire ce qui leur
chantait et c’est ce qu’ils
firent avec des bonheurs divers.
Quoi
qu’il en soit, faire ce
qui lui chante ressemble beaucoup
à du Shinji Somai. Ici
Tetsuro (c’est Minori
Terada), endetté et à
la merci de méchants
yakuzas, appelle une call-girl
afin de la violer et d’ensuite
se suicider. Seulement il ne
se suicide pas, notamment à
cause d’une mouche (!).
Deux ans après, devenu
chauffeur de taxi, il retrouve
la call-girl et s’en suit
une romance atypique pas forcément
porno, lui étant un loser
frustré et elle souffrant
d’une violente carence
affective.
Du fait des contraintes budgétaires
et de calendrier (12 jours de
tournage) ainsi que des méthodes
de Somai (tournage sans permis,
liberté des acteurs),
le maître mot fut, aux
dires de Terada : « un
seul plan quoi qu’il arrive
». De ce fait, ce film
qui, dit-on, comprend 52 scènes,
n’a que 48 plans, dont
certains ont fait sa gloire
relative (comme au festival
du film de Yokohama).
« Love hotel »,
comme la plupart des autres
films de Somai, n’a pas
grand-chose d’attachant,
outre son attrait stylistique
évident, avec parfois,
il est vrai, un certain charme
esthétique.
Son cinéma est toujours
âpre avec son habituelle
immédiateté physique
et, le thème aidant,
la brutalité du mouvement
et l’improvisation permanente.
Quant aux fesses toutes les
10 minutes, ça non plus
Somai ne l’a pas respecté.
PS
: L’ineffable Toshinori
Omi joue un petit rôle.
PS2
: Il s’agit du premier
film de Noboru Shinoda comme
directeur de la photographie,
lui-même qui fit par la
suite moult Shunji Iwai. Souvenez-vous
du brumeux « Lily Chou-chou
».
Tu
la vois la brutalité
du mouvement ?