Somai
débute par un plan séquence
de 14 minutes avec sa caméra
tremblotante brevetée
que tu imagines passer de grue
en grue à bout de bras
de cadreurs engourdis. Ce plan-séquence
nous narre l’enfance de
Iori qui, orpheline et maltraitée
par sa famille d’accueil,
est réadoptée
par Yuichi. Dix
ans plus tard, Iori adolescente
retrouve Yuichi à l’aéroport
et une de ses anciennes malfaitrices
qui meurt empoisonnée.
Alors
que tu pensais naïvement
avoir affaire au simple drame
subtil du passage à l’âge
adulte d’une ado adoptée
éperdument éprise
du père, tu as désormais
une enquête policière
superflue menée par un
inspecteur perché (au
sens littéral). Parce
que oui, l’inspecteur
est perché (mais dans
une seule scène) et Iori
est éperdument éprise
du père et en quête
de repères. C’est
ça l’adolescence
! L’insécurité,
la confusion affective et la
recherche du soi.
D’ailleurs Yuki Saito,
toujours en mouvement –
parce qu’on bouge beaucoup
chez Somai – y met du
sien dans une foultitude de
« une scène-un
plan », la mise en scène
étant l’attrait
majeur du cinéma dudit
Somai qui faisait répéter
ses comédiens pendant
trois heures au milieu de la
nuit, « pour que la physiologie
et le temps de l'acteur en tant
qu'être humain fassent
surface ».
Et
si tu ne sais pas bien ce que
ça signifie, le public
japonais non plus et «
Lost chapter of snow : passion
», qui était le
film de la Toho pour la fin
d’année, fut un
échec commercial.
PS
: Ce film sortit en double programme
avec « Four sisters »
d’Obayashi qui, de ce
fait, fut également un
échec. En 1985, Somai
et Obayashi ont sorti cinq films
en huit mois.
Iori n'est pas éperdument
éprise de l'inspecteur
perché.