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Lost chapter of snow : passion

Shinji Somai

- 1985 -



Somai débute par un plan séquence de 14 minutes avec sa caméra tremblotante brevetée que tu imagines passer de grue en grue à bout de bras de cadreurs engourdis. Ce plan-séquence nous narre l’enfance de Iori qui, orpheline et maltraitée par sa famille d’accueil, est réadoptée par Yuichi. Dix ans plus tard, Iori adolescente retrouve Yuichi à l’aéroport et une de ses anciennes malfaitrices qui meurt empoisonnée.

Alors que tu pensais naïvement avoir affaire au simple drame subtil du passage à l’âge adulte d’une ado adoptée éperdument éprise du père, tu as désormais une enquête policière superflue menée par un inspecteur perché (au sens littéral). Parce que oui, l’inspecteur est perché (mais dans une seule scène) et Iori est éperdument éprise du père et en quête de repères. C’est ça l’adolescence ! L’insécurité, la confusion affective et la recherche du soi.

D’ailleurs Yuki Saito, toujours en mouvement – parce qu’on bouge beaucoup chez Somai – y met du sien dans une foultitude de « une scène-un plan », la mise en scène étant l’attrait majeur du cinéma dudit Somai qui faisait répéter ses comédiens pendant trois heures au milieu de la nuit, « pour que la physiologie et le temps de l'acteur en tant qu'être humain fassent surface ».

Et si tu ne sais pas bien ce que ça signifie, le public japonais non plus et « Lost chapter of snow : passion », qui était le film de la Toho pour la fin d’année, fut un échec commercial.

PS : Ce film sortit en double programme avec « Four sisters » d’Obayashi qui, de ce fait, fut également un échec. En 1985, Somai et Obayashi ont sorti cinq films en huit mois.




Iori n'est pas éperdument éprise de l'inspecteur perché.