Après
l’été et
l’automne, voici donc
l’hiver et le printemps
à Komori, car printemps,
été, hiver et
automne maintiennent le monde
en cadence, comme le chantait
le prodigieux Demis Roussos.
Ichiko (c’est encore Ai
Hashimoto) avait reçu
une lettre de sa mère
en guise de conclusion de l’épisode
précédent, ce
qui créa assurément
chez le spectateur une vive
attente.
La thérapie campagnarde
d’Ichiko finira-t-elle
par porter ses fruits ? En attendant
de le savoir, ces troisième
et quatrième moyen-métrages
du grand œuvre «
Little forest » sont évidemment
dans une même veine de
cuisine didactique où
tu apprendras que la piéride
du chou est un insecte nuisible.
Comme dans « été/automne
», Ai Hashimoto parle
doucement pendant deux heures
en concoctant avec soin des
petits plats savoureux et travaille
la terre en t’entretenant
sur la racine de prêle.
De gentilles petites vieilles
ainsi que les amis d’Ichiko
font toujours quelques apparitions.
Si
tu prends plaisir à voir
les fleurs de katakuri et le
shiitake, le sero et le faisan
vert, l’ohitashi et le
miso bakke, tu seras sensible
à l’attrait de
l’exotisme de cette cambrousse
fantasmée et rêveras
peut-être d’avoir
la vie d’Ichiko, te mentant
sans doute sur tes propres capacités
à bécher sans
cesse dans un relatif isolement
comme elle le fait avec une
constance admirable.
Si
on a, sur deux films et quatre
heures, une remise en question
sommaire chez la protagoniste,
elle trouve ici sa conclusion,
dans son choix conscient de
vivre à Komori et de
s’intégrer pleinement
à sa communauté
plutôt que d’y vivre
par la simple fuite de son mal-être.
Car
la vie, dit-on, est une spirale
et ce qui semble être
un éternel recommencement
est en réalité
une lente évolution.
PS
: « Little forest »
fut également adapté
en Corée du sud en 2018
sous ce même titre, mais
en un seul film, avec l’ineffable
Kim Tae-ri.
Toi aussi, tu as peut-être
toujours rêvé de
dire : « Le sel de nobiru
lui donne une belle touche »,
en mangeant des spaghettis avec
Ai Hashimoto et Mayu Matsuoka.