Ichiko
(c’est Ai Hashimoto) fuit
la ville et sa vie pour retourner
dans le patelin de son enfance,
Komori (qui signifie «
petite forêt »),
dans la région de Tohoku,
c’est-à-dire au
milieu vers le haut.
Elle y vit seule et en autarcie,
dans une petite baraque, cultivant
la terre et confectionnant moult
recettes du fruit de ses semences
et de ses cueillettes, saison
après saison, car cette
« Petite forêt :
été/automne »
est un film culinaire dans toute
sa pureté et son indicible
quintessence.
C’est-à-dire qu’il
n’y a que de la cuisine,
qui est le reflet du cœur,
comme dans le manga original,
du reste, où chaque chapitre
est consacré à
un plat différent parfois
accompagné d’une
anecdote, généralement
sur la jeunesse d’Ichiko.
Cette
première moitié
de « Little forest »
cumule donc deux styles sans
finalité : le «
tranche-de-vie » et le
« plotless movie »
et est axée sur la paix
intérieure et le confort,
le fameux iyashikei, et ne fait
qu’effleurer d’assez
loin un conflit non résolu
avec la mère et une critique
de la vie citadine.
Ce
n’est évidemment
pas ici l’attente qui
t’étreint et te
pousse à continuer le
visionnage, car il n’y
en a pas, mais le plaisir qui
est peut-être tien de
voir le goumi et l’akebia,
la truite et la grenouille,
les châtaignes sucrées
et les patates douces déshydratées.
Komori
est un ailleurs japonais pittoresque
et dépaysant et le même
concept avec ton voisin en tongs
qui fait des pâtes au
beurre dans l’arrière-pays
meusien n’aurait assurément
pas le même succès.
PS
: L’histoire est découpée
en quatre parties d’environ
une heure, pas forcément
dans l’ordre chronologique,
d’ailleurs. La suite «
hiver/printemps » est
sortie l’année
suivante.
Contrairement à ton voisin
en tongs, Ichiko a des canetons.