G.
Lenotre & A. Castelot
La
Terreur (1962)
J'étais à la bibliothèque
Malraux et je ne devais que passer,
rendre mes livres et partir. Seulement,
essayez donc de me dire d'aller
dans une bibliothèque sans
prendre de bouquins !! "Bibliothèque"
= "livres empruntés"
et c'est tout ! Je n'avais qu'une
demi-heure et rien de précis
à lire. J'ouvrai un livre
sur la Révolution qui débutait
ainsi : "1794, le rasoir
national... LA MACHINE A TUER".
Attiré par ce titre burlesque,
je feuilletai jusqu'à ce
que surgisse une reproduction
de Lucile Desmoulins EN COULEUR
!!! Dieu tout puissant, NORRA
EL NORRA ! me suis-je exclamé,
en retournant en arrière
afin de voir de quoi il s'agissait.
Une photo de Lucile que je ne
connais qu'en noir et blanc ??
Comment est-ce possible ? Et pourtant,
ami lecteur, c'était possible.
Oh my god ! C'est bien Lucile
dans toute sa blondeur révolutionnaire
sur la vachement célèbre
miniature de Jacques Lemoine.
J'ai donc emprunté le livre
dans lequel un chapitre lui était
entièrement consacré.
Le texte commence ainsi : "Le
coeur de Camille est un tel brasier
que Lucile s'enflamme." Même
si je ne m'attendais pas à
de sublimes révélations,
j'étais loin de m'imaginer
tomber sur un Harlequin. Cet article
est une somme de clichés
- peut-être n'en étaient-ce
point en 1962 - avec un gentil
Camille et une belle Lucile. D'ailleurs,
à côté de
la reproduction du dessin du futur
maréchal Guillaume Brune
sur lequel Lucile n'est pas des
plus excitantes, Lenotre a ajouté
la chose suivante : "Assurément
en voyant ce qu'il a fait de la
ravissante Mme Desmoulins, le
futur maréchal de l'Empire
avait plus de qualités
militaires que de dons artistiques".
Car Lucile Desmoulins est forcément
très jolie.
Mais je ne vous le cache pas plus
longtemps, le sommet demeure cette
envolée érotique
: "à la fenêtre
ouverte, se détachant sur
le fond lumineux de la chambre,
il vit la silhouette de Lucile,
demi-nue, secouée de sanglots,
les bras tendus vers lui, l'appelant,
lui criant : "Adieu !"".
Le type va jusqu'à imaginer
Lucile à demi-nue à
sa fenêtre !!
Inutile de vous dire que je n'ai
même pas lu le reste du
livre, pensant - peut-être
à tort mais sans doute
à raison - que c'était
du même acabit, donc sans
le moindre intérêt.
Qu'André Castelot se soit
fourvoyé dans pareille
entreprise, ça m'attristerait
presque.
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