Tu
avais le groupe LedZep qui faisait
son come-back il y a quelques
années déjà
à trois car l’un
des membres du groupe était
décédé,
son fils le remplaçant
et "tel père, tel
fils" comme le dit si bien
ma grand-mère lozérienne
qui croit entendre ses chèvres
lorsque Plant chante, mais bon,
elle est sourde comme un pot.
Pour corser le tout on avait
demandé à un malvoyant
de faire la pochette. J'aurais
presque préféré
à la rigueur qu'elle
fût peinturlurée
par Roger Dean, le pastelliste
de la proguitude.
Les gars de LedZep, ils étaient
pas du genre à faire
dans le come-back un peu téléphoné
de vieux qui depuis des plombes
n’avaient jamais vraiment
convaincu hors du groupe et
voulaient ainsi se refaire une
santé (pécuniairement
s’entend) comme s'ils
en avaient eu besoin. En fait
il n’en était rien
car leurs disques solos avaient
été numéro
un dans plein de pays reculés,
je sais plus lesquels mais c’est
sûr qu’on n’a
pas envie d’y aller. Et
puis si c’était
juste pour le blé, les
gars se seraient lancés
dans une tournée marathon
apte à allègrement
gonfler leurs comptes en banque,
non ?
En plus dans ce "Celebration
day" - fait pour célébrer
un gars totalement inconnu –
on y entend de la musique. De
l’acousmatique ? du changüí
? du bachata ? du n’importe
quoi ? Non, du hard-rock ! Soit
la même chose que faisaient
les mêmes gars il y a
des chiées de piges et
on pourrait même subodorer,
sans être dur d’oreille,
y sentir comme un certain conformisme
dans une musique dont on pourrait
croire à tort qu’elle
avait un peu fait son temps
mais rassure-toi, il n’en
est rien.
Le clou de cette œuvre
gigantesque reste la prestation
de Robert "meilleur que
moi, tu meurs" Plant dont
les petits effets vocaux sont
quand même bien meilleurs
dans le hard-rock que ce que
couine Axel Rose, un gars qui
est sans doute tombé
d’une portée musicale
il y a quelque temps déjà
et s’en est jamais remis
ou bien s’est niqué
les cordes vocales en essayant
de chanter "Stairway to
heaven" un soir de février
au sommet du Signal de Randon.
On pense alors, en oyant (du
verbe ouïr) le
vieux Robert, à Jack
White dans "Blunderbuss",
en moins drôle ou à
Bill Corgan dans "Oceania",
en plus chevelu.
Bref, disons que musicalement
parlant on y retrouve tout ce
qui fait le charme indéfinissable
du groupe. Soit ce je ne sais
quoi de racoleur, ce rien d'esbroufe
et ce gros paquet de poissard
qui subjugue les foules. Le
tout en best-of live.
Du
coup on comprend aisément
qu’il y ait eu plus de
20 millions de demandes pour
ce "Celebration day"
(mais ça aurait pu s’appeler
"Gaffe, ils remettent ça",
"Vise les papys" ou
"Tu peux passer à
autre chose").
En tout cas il est sûr
qu’un nombre aussi important
de demandes pour le concert
prouve que le groupe était
génial, non ?